que Descartes avait recommence la philosophie, recommence
la peinture, et apres avoir fait table rase
de tout le passe, reprend son art aux principes et aux
sources. Sans doute est-il un genie assez complet pour
avoir compris la legon de Delacroix et se revele-t-il
admirable coloriste. Mais sa grandeur apparait surtout
dans le primat heroiquement donne dans son oeuvre ä
l’intelligence qui ordonne et a la volonte qui invente.
Ajoutons a ces noms ceux de van Gogh, de Toulouse-Lautrec,
de Seurat, du pur et saint Douanier Rousseau,
et l’on mesurera l’etendue du champ spirituel oü s’est
exercee la peinture frangaise en ce siede d’or et quelle
diversite de figures humaines eile a produites, chacune
avec son probleme et son destin.
Cette generosite de la nature ne s’arrete point lä. De
nouvelles revolutions vont se produire, qui seront le
Fauvisme et le Cubisme. Paris, comme autrefois les
villes d’Italie, devient la capitale de l’univers artistique.
Les artistes de tous les pays du monde y afflufent pour
respirer cet air oü il semble qu’on ne puisse faire autre
chose qu’inventer. Et, ä la Symphonie frangaise, ils
apportent l’accent inquiet de leurs origines diverses.
Cet accent, il leur semble, de leur cote, qu’il ne puisse
s’affirmer qu’au contact du goüt frangais. On parle
desormais de l’Ecole de Paris. Ce ne sont pas seulement
les Frangais qui la constituent, Vuillard, Bonnard,
Roger de la Fresnaye, Matisse, Braque, Rouault, Dufy,
esprits eminement frangais, de nature ä la fois aristocratique
et populaire, artistes soucieux du beau metier
et en meme temps intelligences subtiles, deliees, avides
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