PLANCHE XVII.
Figure 1 et 2: berger et paysanne de malissor.
Ainsi que la paysanne de Malissor, qui fait le sujet de la figure 3, planche XIV 7
et de la figure 2 de la presente planche, oü eile est revetue de son oustrougha, le ber
ger de Malissor a toutes les allures d’un berger riche. Quoique ne sur une rive opposee,
il reveille dans une memoire classique l’idee du beau Paris. Son entari et son chalvar
collants, en peaux d’agneaux ä peine nes, blancs comme la neige immaculee des som-
mets du Pinde, comme un lis royal sans tache, ou plutot comme une toison d’agneau
blanc, n’eussent pas semble deplaces, sans aucun doute, sur la personne princiere du
galant justicier, fils du roi Priam.
Leur eclat virginal est encore rehausse par les passementeries et les broderies de
soie noire qui en agrementent tous les bords et en dissimulent toutes les coutures.
Comme pour augmenter l’analogie qui fait penser, en le voyant, aux bergers des
temps heroiques, de la mythologie et des romans d’un autre siede, le berger de Malissor
porte dans sa ceinture, en outre d’une cartouchiere dont on ne devine pas absolument
l’utilite, puisqu’il est sans armes, deux duduk (flutes) destinees ä charmer ses loisirs et
ceux de ses moutons, ä enchanter les loups et les jeunes bergeres.
II est coiffe d’un fez rouge droit, ä puskul bleu bien fourni de soie, qui sied ä l’air
de son visage.
Pour chaussure, il a des bas de laine ä raies blanches et noires et des tcharyk.