LES COSTUMES POPÜLAIRES
DE TURQUIE
En 1873.
AVANT-PROPOS.
Ml est ä peine besoin de faire remarquer, croyons-nous, les differences essentielles
qui distinguent le costume du vetement. Tous deux ont, ou doivent avoir pour objet le
rneme but : habiller celui qui les porte; mais le second n’a rien de special, d’approprie,
de caracteristique; il est sujet ä de perpetuels changements, suivant les caprices de la
mode, tandis que le costume, invariable dans sa coupe, dans son aspect general, ne com-
porte gueres que de legeres modifications, consistant seulement en choix d’etoffes plus
ou moins riches ou en adjonction d’ornements plus ou moins elegants.
Le vetement tend de jour en jour a devenir uniforme dans le monde entier, et ä
effacer non seulement toute distinction entre les diverses classes de la societe ; mais
encore entre les diverses nations que des barrieres naturelles ou morales sembleraient
devoir separer invinciblement.
Tont au contraire, le costume, en s’adaptant aux convenances particulieres, aux
necessites climateriques, aux usages de chaque contree, otfre aux etudes ethnographiques
et sociales une source inepuisable de renseignements certains et d’un puissant interet.
En effet, le costume a sa raison d’etre, qui la plupart du temps frappe les yeux. C’est
ainsi qu’on le voit, dans les regions boreales, se composer uniquement d’epaisses fourrures
au poil tourne en dedans, atin de mieux preserver du fi'oid. Dans les contrees ou la tem-
perature commence a devenir moins rigoureuse, on tourne en dehors le ]ioil de ces
fourrures, pour s’en faire ä la fois un habillement et une parure. Au für et ä mesure que
l’on avance vers des pays plus chauds, le costume se modifie dans ce meine sens ; ses