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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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pour  les  gens  de  goüt,  au  moyen  d’un  mince  saryk  qui  serre  dans  ses  maigres  plis  son
extremite  inferieure,comme  un  etroit  tore  de  bronze  roule  autoür  delabase  dune  haute
colonne  de  porphyre.
Tout  ce  qu’on  apeiyoit  du  reste  de  ce  costumese  resume  enunlong  entari  decoton
raye,  attache  sur  les  cötes  avec  un  cordon;  en  un  court  mintan  de  drap  fin;  puis  en
uue  double  chaussure,  composee  de  mest  et  paboudj  noirs.
Le  tout  n’est  pas  eher:  linge  compris,  cekhvaut  295  piastres  (59  francs).

PLANCHE  Y.

Figure  1:  commerqant  chretien  d’aidin.

Yoici  certainement  le  bakkal  qui  fournit  a  bon  poids,  a  large  mesure—ä  son  propre
uvantage,  bien  entendu—la  maison  de  Partisan  d’A'idin  d’huile  d’olive  de  premier
ohoix,  sentant  fortement  son  fruit;  de  vinaigre  de  vin  sincere,  innocent  s’il  en  fut  jamais;
  de  caviar  et  autres  denrees  exotiques,  le  tout  au  plus  juste  prix,  pourvu  que
d’avance  on  le  sache  bien.  Cet  honnete  homme  deviendra  relativement  riche;  il  fera
souche  de  proprietaires,  assurement.  Sa  place  est  reservee  pres  du  sofa  du  gouverneur,
  dans  un  bon  fauteuil  qui  tend  deja  ses  bras  hospitaliers  a  ce  membre  futur  des
medjliss  (conseils)  de  la  province.
En  attendant,  il  pese  gravement  dans  sa  conscience  d’honnete  epieier  tous  les  (den
de  la  vente,  en  se  demandant  combien  de  temps  encore  et  a  quel  taux  il  lui  faudra
livrer  ä  ses  concitoyens  le  Sucre  et  le  cafe  quotidiens,  avant  de  conquerir  le  droit  d’emettre
  hardiment  en  haut  lieu  son  opinion  sur  le  gouvernement,  et  de  pouvoir  oser
dire  impunement  au  Vidi  lui-meme  :  bach  ustune  effendimiz  (comme  il  vous  plaira,
Monseigneur).
Son  caractere  independant  se  peint  d’ailleurs  sur  son  visage  austere,  ombrage
sous  le  mandil  (mouchoir)  qui  ceint  de  ses  plis  irreguliers  son  fez  deforme  par  les
soucis  commerciaux—il  se  gratte  souvent  la  tete  ;  beaucoup  de  grands  hommes  ont  eu
comme  lui,  ont  encore,  et  auront  ce  tic.  Toute  son  attitude  est  fierc;  son  djarnadan
            
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