Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

—  155  --laissant

  treniper  dans  la  boue,  et  preserver  en  meme  temps  des  eclaboussures  le  chalvar,
pmdemment  enfonce  dans  l’entonnoir  ä  retroussis  jaunes  des  bottes.
II  est  ä  croire  aussi  que  le  climat  moyen  de  Koniab  est  tempere;  plutöt  froid  que
chaud,  toutefois.  Les  indices  en  sont  fournis  par  la  raisonnable  epaisseur  du  drap  des
differentes  pieces  du  costume.  Ils  sont  corrobores  par  l’aspect  du  mintan,  duement
ferme  sur  la  poitrine,  bien  assujetti  sur  les  reins  par  une  ceinture  de  soie  tunisienne,
bonne  egalement  contre  le  serein  et  contre  l’ardeur  du  soleil  qui  souleve  des  vapeurs
malsaines  en  pompant  l’humidite.  Le  salta  et  le  djubbe  sont  ouverts  ;  mais  il  est  facile
de  les  fermer  au  besoin  par  le  meme  moyen,  et  alors  on  se  trouve  abrite  contre  la
pluie  ou  la  neige.
La  coiffure  elle-meme  est  ä  double  usage,  selon  l’occurrence.  C’est  une  serviette
brodee  (pechkir)  que  Ton  roule  autour  du  fez  en  en  laissant  pendre  les  bouts  par  derriere.
  S’il  fait  du  soleil,  on  ne  craint  pas  les  maux  de  tete.  Si  la  bise  est  rüde,  au  contraire,
  on  a  le  crane  au  cbaud,  et  Ion  nargue  le  coryza.

Figure  2  :  cavalier  musulman  de  koniah.

Le  cavalier  musulman  de  Koniah  est  un  de  ces  auxiliaires  volontaires  de  la  force
publique,  qui  sont  employes  concurremment  avec  les  zapties  (gendarmes)  pour  servir
d’escorte  aux  autorites,  aux  pelerins,  aux  voyageurs,  pour  porter  des  ordres,  pour  proteger
  les  convois  de  marchandises.  Son  silahlik,  sans  etre  garni  avec  autant  de  profusion
  que  celui  du  zeibek,  est  pourtant  assez  respectable  pour  imposer  aux  malintentionnes.
  Les  armes  qu’il  renferme  n’ont  rien  de  somptueux;  les  crosses  des  pistolets
  sont  en  cuivre,  arrondies  en  pomme  et  terminees  en  pointe,  comme  des  toupies
renversees  ;  le  fourreau  du  couteau  yataghan  est  de  simple  maroquin  vert,  sa  poignee
en  os  ;  mais  la  lame,  de  fin  acier,  est  bien  trempee,  souple  et  tranchante.  Rien  n  est
lä  pour  la  parade  :  sauf  peut-etre  le  ficheklik  (cartouchiere),  brochant  sur  le  tout  et
laissant  pendre  avec  quelque  velleite  d’ostentation  ses  franges  de  cuir  colore.  Cette
vanite  est  bien  excusable,  car  son  but  n’est  autre  que  de  prevenir  des  attaques  inconsiderees,
  en  montrant  d’avance  aux  agresseurs  que  les  munitions  de  guerre  ne
manquent  pas.
Peut-etre  le  cavalier  musulman  de  Koniah  n’est  il  pas,  pourtant,  absolument  a
l’abri  de  toute  reproche  d’affectation  de  coquetterie  ou  de  bravade.  En  effet,  le  mouchoir
  et  la  serviette  qui  etalent  le  long  de  son  clialvar  leurs  resplendissantes  broderies,
  constellees  de  paillettes  d’or,  semblent  dire  au  passant  qui  les  convoiterait:
voici  des  richesses,  ose  donc  les  prendre  !
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.