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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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Ce  navire  du  desert  (expression  consacree)  a  son  pendant  dans  l’humanite  :  c’est
le  hammal.  Comme  le  chameau,  le  hammal  est  sobre,  patient  et  fort.
Comme  le  chameau,  il  a  une  bosse  ;  c’est  meme  lä  tout  l’attirail  de  sa  profession.
Sur  cette  bosse,  appelee  semer,  il  porte  des  fardeaux  tels  que,  meme  en  les  yoyant  de
ses  propres  yeux,  on  a  peine  ä  le  croire.  Les  forts  de  la  halle  de  Paris,  les  portefaix  de
Marseille,  malgre  toutes  les  epreuves  herculeennes  qu’on  leur  a  fait  subir  avant  de  prononcer
  le  dignus  est  intrare  in  docto  corpore,  reculeraient  d’effroi  devant  les  Ossa  et  les
Pelion  entasses  et  superposes  que  le  hammal  colporte  modestement  sur  sa  bosse,  pour
quelques  paras,  sans  s’estimer  pour  cela  au  dessus  du  commun  des  morteis.
Rien  de  particulier  ne  se  fait  remarquer  dans  le  eostume  du  hammal.  Son  mintan
(veste)  est  en  aha,  sorte  d’etoffe  nationale  feutree,  ä  hon  marche  et  pour  ainsi  dire
inusable.  Il  en  est  de  meine  de  son  chalwar.  Sa  chemise  est  dite  adjemi  (ä  la  persane)
et  ses  bas  de  laine  ä  cötes  possedent  toutes  les  garanties  desirables  de  longevite,  de  hon
usage.  Tout  cela  est  solide,  chaud  et  ä  bon  marche  (non  äbas  prix).  Il  est  non  moins
confortablement  chausse  et  coiffe  au  moyen  de  terlik  et  de  yemeni  (doubles  chaussures)
et  d’un  kulah  en  feutre  blanc  historie  de  broderies  en  soie  de  couleurs  diverses,  entoure
d’un  saryk  plus  hygienique  que  coquet.
La  plupart  des  hammal  sont  natifs  de  la  haute  ou  de  la  basse  Armenie.  Ils  sont
organises  en  corporations  et  distribues  par  quartiers,  de  sorte  que,  si  des  hammal  d’un
district  se  presentent  dans  un  autre  district  pour  y  travailler,  il  faut  qu’ils  payent  d’abord
un  droit  au  kehaya  (homme  d’affaires)  de  la  section  locale.  Cela  contrario  parfois  les
etrangers,  qui  regrettent  le  Supplement  de  paie  qu’ils  doivent  alors  debourser  pour
avoir  la  permission  d’employer  qui  bon  leur  semble  ;  mais  c’est  en  somme  un  bien
min  ne.  inconvenient  compare  aux  avantages  qui  en  decoulent.  Le  droit  au  travail,
bien  plus  important  pour  la  tranquillite  sociale  et  le  bien  etre  de  la  classe  ouvriere  que
ne  saurait  l’etre  une  liberte  que  ceux  qui  veulent  employer  de  preference  tel  ou  tel
hammal  peuvent  d’ailleurs  acheter,  se  trouve  ainsi  garanti  de  maniere  ä  assurer  ä  l’ouvrier
  de  chaque  quartier  sa  juste  remuneration.
            
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