Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

—  171  -  -

il  descend  jusques  sur  les  picds,  chausses  de  laptchin  (bottines  lacees,  en  chevreau
mou)  et  de  koundoura  (soiüiers  communement  noirs,  de  forme  ordinaire,  sans  bouts
recourbes).
Comme  il  n'est  pas  beaucoup  moins  convaincu  de  sa  valeur  propre,  que,  de  son
cöte,  Be  Test  de  la  sienne  l’ouvrier  musulman,  son  geste  n’est  pas  non  plus  absolument
denue  d’emphase  bourgeoise.  Une  de  ses  mains  posee  sur  sa  ceinture  de  cachemirc  gris,
semble  dire  :  il  y  a  lä  de  quoi  en  acheter  bien  d’autres  ;  tandis  que  son  autre  bras  sur
lequel  est  rejete  le  pan  de  son  ample  djubbe  a  manches  pagodes,  tient  un  langage
different,  qui  signifie  :  il  faut  etre  econome  du  bien  qu’on  a.  Il  n’y  a  point  lä,  d’ailleurs,
  de  contradiction  notoire.

Figure  3:  kurde  des  enyirons  de  yuzgat.

Yuzgat  est  une  ville  toute  moderne,  situee  dans  une  des  vallees  de  l’ancien  territoire
  des  Trocmiens,  confinant  ä  la  Cappadoce.  Elle  a  ete  fondee,  vers  la  fin  du  siede
dernier,  sur  Templacemment  d’un  yaela,  ou  demeure  d’et4  des  Turcomans  nomades,
par  Ahmed  Pacha,  de  la  famille  des  Tchapan  Oghlou.  Le  fils  du  fondateur  fut  un
des  derniers  Dere-Bey,  ou  princes  feudataires  de  l’Empire  Ottoman  en  Asie  Mineure. ­
  Sous  son  gouvernement,  la  nouvelle  ville  s’etait  rapidement  peuplee,  principalement
  de  colons  grecs  et  armeniens.
Depuis  la  chute  de  la  puissante  famille  des  Tchapan  Oghlou,  Yuzgat  n’a  plus  recu
d’autres  habitants,  parce  qu’on  ne  s’est  plus  occupe  d’y  attirer  personne.  Sa  population
  est  donc  restee  fixee  ä  pcu  pres  au  meine  chiffre,  s’elevant  environ  a  quinze
mille  äines.
Son  aspect  est  celui  d’unc  ville  europeenne.  Elle  a  des  maisons  couvertes  en
tuiles,  et  des  jardins  fruitiers  oii  les  abricots  abondent.
Les  tribus  Kurdes  des  Afchar  viennent  faire  paitre  leurs  troupeaux  dans  les
steppes  traverses  par  la  route  de  Yuzgat  ä  Kaisarie,  non  loin  du  Delidje  Sou,  Tun  des
affluents  du  Kizil  Irmak,  et  s’y  etablissent  pendant  bete.
Ils  sont  alors  vetus  ä  la  legere,  ainsi  qu’on  le  voit  ici.  Leurs  armes,  inutiles  pour
le  mQment,  sont  deposees  sous  la  tente.  Un  fez  droit,  en  feutre  epais  et  dur,  recouvert
  d’un  mouchoir  yemeni  ä  fleurs,  et  orne  d’un  puskul  volumineux,  couvre  le  haut
de  leur  tete.  L’entari  de  cotonnade  rayee  de  rouge,  de  noir,  de  blanc  et  de  jaune,  suivant
  la  mode  locale,  qui  s’applique  aux  etoffes  de  soie,  aussi  bien  qu’ä  celles  de  fil  ou
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.