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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

Aujourd’hui,  les  Bektachi  n’ont  plus  rien  de  commun  avec  l’armee;  leurs  rites,  qui
ue  sont  pas  sans  quelque  affinite  mysterieuse  avec  les  rites  magonniques,  offrent  encore,
joints  au  souvenir  de  leur  ancienne  Organisation  religieuse  et  militaire,  un  rapport  de
plus  avec  l’ordre  mystique  du  Temple.
Comme  les  Templiers,  ils  portent  sur  la  poitrine  une  pierre  nommee  teslim  tache  ;
c’est  une  large  etoile  de  jade  dont  le  sens  est  complete  par  un  ornenient  en  forme  de
Croissant,  de  la  meine  matiere  precieuse,  qu’ils  portent  a  l’oreille  droite.Les  autres  accessoires
  obliges  de  leur  costume  sont  le  nifir,  sorte  de  cornet  ä  bouquin  recourbe  et  ouvert
en  gueule  de  poisson  a  l’extremite  d’oü  sortent  les  sons  d’une  tonalite  particuliere  qu  ils
en  tirent  en  certaines  occasions;  puis  le  djilbend  ou  giberne  de  cuir  attache  devant
leur  ceinture.
Leur  liabillemcnt,  outre  le  hyrka  dont  nous  avons  dejä  parle,  se  compose  d’une  veste
ou  haidirie,  et  d’un  potour  (pantalon)  tres  large  et  formant  de  grands  plis  sur  les  cuisses;
mais  collant  sur  les  jambes,  ou  il  est  attache  au  moyen  d’agrafes.  Ils  sont  chausses  de
yemeni  rouges  ou  noirs.  Leur  coiffure,  fabriquee  de  leurs  propres  mains,  dans  leurs
tekhe  (couvents)  est  un  Symbole  qu’ils  ne  peuvent  livrer  sans  peche  ä  l’examen  des
profanes;  on  la  nomme  tadj,  c’est-a-dire  couronne  dans  le  sens  oriental  de  ce  mot,  qui
ne  designe  pas  ici,  comme  en  Occident,  un  ouvrage  de  metal;  mais  simplement  un
bonnet  de  forme  particuliere,  reserve  aux  princes.

Figure  3:  mollah.

Apres  avoir  conquis  Constantinople,  Sultan  Mohammed  II,  el  Fatyh,  organisa  le
corps  des  ulema,  ou  legistes,  suivant  les  preceptes  du  Ivoran  et  la  tradition  orale  du
Prophete.
C’est  le  corps  enseignant,  qui  s’occupe  d^appliquer  aux  moeurs  l’esprit  civil  de  la
rcligion.

Le  corps  des  ulema  fournit  ä  l’Empire  ses  hauts  fonctionnaires  religieux,  les  juges,
  les  professeurs,  les  jurisconsultes,  les  interpretes  du  Koran  et  des  traditions,  les
savants  et  les  examinateurs.
Presque  tous  les  grands  poetes,  les  litterateurs  les  plus  distingues,  les  historiens
ottomans,  ont  appartenu  au  corps  des  idema  ou  aux  ordres  religieux  des  derviches.
On  compte  parmi  les  principaux  degres  des  ulema,  les  thaleb,  ou  softa  (etudiants);
            
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