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PLANCHE XXV.
Figure 1: bedewi du vilayet d’halep.
Yoici l’habitant des prairies syriennes. Eleveur habile et gardien vigilant d’un
nombreux betail, il est muni d’armes qui, d’ailleurs, sont souvent un porte-respect pour
les voyageurs auxquels il consent, moyennant une solde honnete, ä servir d’escorte.
Une belle paire de pistolets, suspendue a son cou par une tresse de soie, est passee dans
la ceinture de cuir gaufre et brode, agrafee sur son entari de fine laine blanche.
D une main il tient le canon d’un long fiisil ä capucines d’argent, enrichi d’incrusta-
tions et de gravures sur la crosse et la batterie; dans son autre main repose le manche
de frene d’un kulunk, lourd marteau d’acier recourbe et pointu d’un cöte, elargi de
l’autre en fagon d’enclume, qui lui sert aux memes fins qu’autrefois la masse des
preux Chevaliers.
Son djiibbe de laine noire descend a mi-jambes, comme Y entari; mais les man
ches en sont d’au moins vingt centimetres plus courtes que celles de ce dernier
vetement, qui restent ainsi decouvertes par le bas, a partir de leur echancrure destinee
a laisser libres les mouvements des mains.
De grandes bottes rouges, a souliers de maroquin dur et a tige de cuir mou,
protegent ses jambes et ses pieds. Sa tete est couverte d’une coifiure blanche en
coton damasse, pouvant servir de voile comme le kef 'ie, et maintenue ainsi que lui
par une corde a nceuds en poils de chameau, nommee agual. Le Bedewi porte
toujours pour le moins deux bagues en argent, enrichies de cornalines ou de tur-
quoises, qui portent bonheur, et quelquefois il a des bracelets a ses poignets.
Figure 2: femme bedewi du yilayet d’halep.
Tandis que le Bedewi conduit et garde le betail ou sert d’escorte aux voya
geurs, sa femme, accroupie sous la tente noire, oeuvre de ses mains, travaille ä