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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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quelque  tapis  de  laine  bariolee,  d’epais  et  moelleux  tissu  aux  couleurs  chatoyantes,
a  quelqne  sac  a  bandes  noires  et  grises,  en  poils  de  chameau  meles  de  laine  de  brebis  ;
on  bien  eile  prepare  le  repas  de  la  famille,  et  fait  bouillir  le  lait  du  troupeau  dans
un  vase  en  terre  noircie,  de  forme  antique.
Le  soir,  eile  et  ses  compagnes  partent,  chacune  tenant  en  equilibre  sur  la  tete
et  sur  la  paume  des  deux  mains  trois  'vases  semblables,  qu’eiles  vont  remplir  de  Compagnie, ­
  tout  en  jasant  et  faisant  tinter  les  grelots  de  leurs  bracelets,  au  puits  de  la
tribu,  ä  la  riviere  voisine,  ou  ä  quelque  source  limpide,  gresillant  sur  le  cresson  frais.
Pour  ces  excursions,  la  femme  du  Bedewi  passe  par  dessus  son  long  entari  de
laine  noire,  trainant  sur  ses  bottes  de  maroquin  jaune,  dont  il  ne  laisse  voir  que  les
pointes  recourbees,  un  yachmak  de  soie  transparente,  tissu  fin  et  crespele,  teint  en
noir  et  orne  de  longues  houppes  de  cordonnet  noir.
Une  ceinture  en  argent  nielle  serre  ce  voile  autour  de  la  robe  ;  des  chaines  d’argent
  y  rattachent  leurs  legers  anneaux.  C’est  tout  ce  que  Ton  peut  voir  des  bij  oux
dont  la  femme  du  Bedewi  aime  ä  se  parer,  car  les  manches  flottantes  de  Yentari
et  les  plis  ondoyants  du  yachmak  cachent  ses  quatre  bracelets,  dont  deux  en  argent
travaille  ä  jour,  oü  resonnent  des  garnitures  de  grelots,  et  deux  en  verre-file,  d’un  bleu
verdätre  com  me  la  turquoise.  C’est  ä  peine  si  Ton  peut  decouvrir  de  temps  ä  autre
les  bagues  d’argent  qui  chargent  et  grossissent  ses  doigts  menus.  Un  asaba  noir,
voile  plus  epais  que  le  yachmak,  se  roule  autour  de  sa  tete  et  de  son  cou,  encadre
etroitement  son  visage,  et  ensevelit  sous  ses  plis  multiplies  son  gracieux  collier  d’argent ­
  et  ses  boucles  d’oreille  ä  pendeloques  sonores.
Toutefois,  une  epingle  fichee  sur  le  haut  de  Yasaba  fait  pendre  d’un  cöte  du
front  com  me  une  cocarde,  des  chainettes  reunies  en  deux  quadruples  rangees,  oü
se  balancent  des  sequins.  Trop  souvent  aussi  le  nez  de  la  femme  Bedewi  est  orne  on
plutöt  defigure  au  moyen  de  boucles  passees  dans  la  cloison  mediane  ou  traversant
les  narines.

Figure  3:  dame  juive  d’halep.

Si,  comme  les  Medes,  les  Perses  et  les  Assyriens,  les  Hebreux  avaient  laisse  des
monuments  sculptes,  des  bas-reliefs,  des  statues  figurant  au  naturel  l’epoux  et  l’epouse
du  Sir  Hasirim,  sans  nul  doute  le  costume  de  la  dame  juive  d’Halep  reproduirait  celui
de  la  Sulamite  du  divin  Cantique  plus  exactement  encore  que  le  costume  du  Kurde
des  environs  de  Mardin  ne  reproduit  celui  des  anciens  habitants  de  la  Mesopotamie.
            
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