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MAK

Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

—  26G  —

coton  blanc,  enfouis  dans  de  vastes  yemeni  de  maroquin  rouge  ou  ses  pieds  jouent
a  l’aise  comme  dans  des  pantoufles.

Figure  2:  musulmane  du  liban.

Digne  compagne  du  cultivateur  musulman  du  Djebel-i-Lubnan  (Mont  Liban),
la  femme  musulmane  se  tient  cachee  dans  sa  maison,  filant  sa  laine,  elevant  ses  enfants
  et  vaquant  aux  soins  divers  de  son  menage.  Elle  n’est  pas,  toutefois,  absolurnent
  dedaigneuse  de  toute  parure;  les  habiles  ouvriers  de  Yesnaf  des  bijoutiers  de
Beyrouth  lui  fournissent  des  filigranes  que,  montee  ä  califourchon  sur  son  ane  blanc,
et  soigneusement  enveloppee  dans  son  tcharchaf  de  soie  damassee  d’or,  qui  laisse  ä
peme  entrevoir  ses  yeux,  eile  va  choisir  elle-meme  a  la  ville,  quand  son  mari  l’y
conduit  a  l’occasion  d’un  grand  Bairam  ou  d’une  vente  extraordinaire  de  legumes.
Aussi  brille-t-elle  d’un  doux  eclat  sous  son  fez  rouge  de  forme  droite,  avec  son
puskul  de  soie  bleue  floconneuse,  roulant  en  cercle  ses  petites  vagues  crespelees  autour
  dun  Icpelik  dargent  artistement  travaille  ä  jour,  plus  fin  que  la  plus  fine  dentelle
  de  Smyrne.
De  son  cou  jusqu’au  dessous  de  sa  ceinture  de  soie  cramoisie  a  longues  franges,
pend  une  quadruple  chaine  dont  chaque  chainon  est  une  gracieuse  fleurette,  une
mignonne  marguerite  d  argent  au  coeur  d’or,  un  lis  en  miniature,  une  rose  lilliputienne,
  avec  leurs  petales  tout  a  jour,  formant  des  dessins  fantastiques.  Quatre  anneaux
  rattachent  a  cette  chaine  un  grand  triangle  d’argent  cisele,  sur  lequel  s’epanouit
  en  serpentant  un  jardin  en  filigrane  d’or.  Lelong  des  deuxfacesdu  triangle,
suspendu  la  pointe  en  bas,  s’agitent  et  resonnent  des  sequins  d’or:  C’est  un  talisman
  qui  porte  bonheur.
Aux  deux  poignets  de  la  musulmane  du  Liban  sont  des  bracelets  en  forme  de
rubans  tresses  ä  jour,  en  filigrane  d’argent,  avec  boucles  d'or.  A  ses  oreilles  tremblent,
  comme  agites  par  un  leger  souffle,  des  liserons  d’argent  sortant  d’une  cupule ­
  d’or.
Deux  ehemises  en  soie  blanche  cuite,  dite  beurundjuk,  celle  de  dessous  collant  au
corps,  celle  de  dessus  large,  cachent  ä  demi  sous  leurs  plis  transparents  et  crispes
en  fines  ondes,  les  bras  et  les  seins,  encadres  par  l’echancrure  d’un  entari  de  drap
vert  ajuste  sur  le  buste,  ä  jupe  ouverte  par  devant  et  fendue  de  chaque  cote  a  partir
  du  bas,  c’est-ä-dire  depuis  le  gras  de  la  jambe  jusqu’a  mi-cuisses.  La  chemise  de
dessus  s’echappe  des  manches  collantes  de  1’entari,  en  forme  de  clochettes  blanches.
            
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