Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

—  277  —

Figure  3:  arabe  nomade  de  la  tribu  oitrban.

En  voyant  ses  petits  yeux  noirs  petiller  d’un  sombre  feu  sous  ses  epais  sourcils
  fronces,  et  sa  bonche  lippue,  garnie  d’une  barbe  rüde  et  herissee,  se  plisser  comme
un  mufle  de  tigre  en  colere,  on  pourrait  croire  que  l’Arabe  de  la  tribu  Ourban  est
un  de  ces  bandits  qui  guettent,  tapis  sournoisement  derriere  quelque  monticule  de  sable
du  desert  de  Syrie,  l’imprudent  voyageur  separe  de  la  caravane,  fondent  sur  lui  ä
l’improviste,  l’egorgent  sans  bruit  et  le  depouillent;  il  n’en  est  rien.
Au  contraire,  en  depit  de  sa  mine  feroce,  l’honnete  Arabe  de  la  tribu  Ourban  sert
au  voyageur  de  guide  fidele,  d’escorte  brave  et  devouee.  Son  incommensurable  mizrak,
avec  la  haute  tige  de  palmier  qui  forme  son  manche,  d’une  solidite  ä  toute  epreuve,
avec  son  fer  tranchant  et  acere  comme  un  rasoir,  emergeant  d’un  gros  bouquet  de
duvet  d’autruche,  tient  sans  peine  les  pillards  a  longue  distance.
Si,  dedaigneux  de  sa  petite  taille  et  de  la  maigreur  fluette  de  ses  membres  osseux
et  basanes,  ils  osent  s’en  approcher  de  trop  pres  au  moyen  de  quelque  ruse  primitive, ­
  consistant  ä  se  coucher  sur  leur  cheval  et  a  passer  ainsi  sous  le  bois  de  sa  lance,
il  sait  les  faire  repentir  de  cette  audace  a  l’aide  du  kilidj  qui  resonne  sur  ses  flancs
dans  son  fourreau  de  bois  revetu  de  maroquin  vert,  suspendu  a  son  cou  par  une  solide ­
  laniere  de  cuir  noir.
ßien  ne  gene  d’ailleurs  ses  mouvements.  Son  costume,  peu  complique,  n’est  aucunement
  embarrassant.  Les  pieces  en  sont  amples  et  peu  nombreuses.  C’est  une  chemise
  en  epaisse  etoffe  de  coton  blanc,  tombant  comme  la  tunique  des  anciens  sur  ses
jambes  et  ses  pieds  nus,  et  serree  sur  les  reins  par  une  etroite  ceinture  de  cuir  souple.
Par  dessus,  il  porte  Vaba  long,  en  feutre  noir  et  blanc,  taille  en  machiah.  Pour  se  garantir
  du  soleil,  il  est  coiffe  du  kefie  de  soie  a  bandes  orangees  sur  un  fond  rouge
sombre,  eparpillant  autour  de  lui  ses  franges  de  cordelettes  terminees  par  des  glands
et  des  houppes  meles  de  fils  d’or.  Un  akal  en  corde  de  poils  de  chameau  roux,  tressee
regulierement,  de  distance  en  distance,  avec  des  fils  d’argent,  assure  cette  coiffure  sur
sa  tete  et  en  forme  le  couronnement.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.