Koufa, ville autrefois fameuse, qui a donne son nom ä Fecriture Koufique, a etc
batie en 639 de 1 ere chretienne, dans une contree basse et fertile, a l’est-nord-ouest
de Meched Ali. On sait que le Koufique est Fecriture primitive du Koran. Les
caracteres de cette ecriture sont fondes sur les alphabets liebreu et syriaque. Elle
a ete inventee peu de temps avant le prophete Mohammed, et a continue detre employee
sur les monnaies jusqu’au huitieme siede de l’ere chretienne, et sur les monuments
jusqu’aujourd’hui. Les Africains s’en servent encore pour des titres de livres.
C’est avec les caracteres Koufiques que Ebn-Mokla a forme a Baghdad, en 938 de
Fere chretienne, Fecriture niski, perfectionnee en 1031 par Ebn-Baouab, et pour laquelle
on se servit pour la premicre fois de roseaux fendus, tandis que le Koufique
s’ecrivait avec des crayons ou des roseaux non fendus.
Kerkouk, ancienne capitale du Kurdistan, est batie au bord d’un affluent du
Tigre sur un grand rocher dans Fepaisseur duquel ses maisons sont taillees. C’est
une place entouree de murailles et defendue par une citadelle.
Chehrezor ou Karadjolan etait aussi la capitale d’une importante principaute
Kurde, qui renfermait toute la partie meridionale du Kurdistan. A eile seule, eile
mettait sur pied 15,000 pi'ade ou fantassins tandis que les quatre autres principautes
dont se composait le Kurdistan n’en pouvaient fournir chacune qu’environ 10,000.
On navigue sur le Tigre, FEuphrate et le Chatt-el-Arab au moyen de petits
radeaux composes de Fassemblage de plusieurs planches, liees etroitement avec des
cordes de jonc ou de palmier, sans chevilles et sans clous. Des outres, qu’on a soin
d’enfler, soutiennent ces appareils sur la superficie du fleuve, de maniere qu’ils prennent
tres peu cl’eau. II faut, pour conduire un pareil radeau, nomme kelek, de grandeur
moyenne, trois hommes dont deux sont occupes a ramer, tandis que le troisieme
mouille presque continuellement la partie des outres restee liors de l’eau. On cesse de
voguer lorsque la nuit tombe, et Fon se remet en route au petit jour, apres avoir
gonfle de nouveau toutes les outres.
A Baghdad, on voit passer sans cesse d’une rive a l’autre des bateaux d’un
autre genre; ce sont les kanfas demi-spheriques, construits en branches de palmier.
Des sources de bitume, qui ont fourni des materiaux ä la construction de Babylone,
se trouvent aux environs de Hit. Ainsworth en a etudie deux, dont l’une lim -
pide, d’une amertume douceatre, exhale une odeur de sulfure d’ammonium. Elle marque
24° B. L’autre marque 29° 33’ R. On appelle le bitume qu’on en retire kara sakyz,
c’est-ä-dire mastic noir, pour le distinguer du nefata (naphte) provenant d’autres
sources situees sur la rive gauche de FEuphrate, ä 20 kilometres au dessous de Hit.
Hy en a qui fournissent du petrole blanc, qu’on emploie dans la peinture a l’huile,
et qui est exporte jusqu’aux Indes. Les Arabes se servent du mastic noir, qu’ils appellent
el geizer, pour calfater les kelek et les kanfas; ils en enduisent aussi des cruches
de paille qui durent tres longtemps et conservent bien les liqueurs qu’on y met.
Beaucoup d’Arabes ne connaissent pas d’autre maniere de voyager sur les fleuves