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quesusages des peuples idolatres de l’Asie et de l’Afrique, que Mohammed, ne jugeant
pas necessaire d’extirper, s’est borne ä reglementer verbalement, par de simples
conseils, sans penser meme qu’il yalüt la peine d’y consacrer des preceptes ecrits,
comme il a du le faire pour la polygamie, qu’il etait indispensable de restreindre
autant que possible.
Quoiqu’il en soit, le costume de la femme musulmane de Djeaddele, moins
severe que celui de la femme Kabyle; mais tout aussi simple, est egalement pit-
toresque. Sa tournure est pleine de gräce. Il consiste en cinq pieces, coilfure et
chaussure comprises. Un calecon de coton bleu formant jupe est attache par des
cordons sur les hanches ; de larges raies rouges et jaunes alternees sont disposees au
bas en bordure occupant le tiers de la longueur de ce vetement qui laisse apercevoir
les pieds nus, dans des nadass ä brides ornees de grosses houppes de soie rouge. Le
haut du corps est couvert par un yelek collant, sans autre ouverture que celles ne-
cessaires pour passer la tete et les bras. Ce yelek est de coton bleu, avec une large
bordure en broderie de perles d’acier, d’un dessin tres original, imitant l’aspect d'une
ceinture. Une pareille broderie, proportionnellement moins haute que celle du cor-
sage, orne le bas des manches.
La coiffure de la femme musulmane de Djeaddele se compose de deux voiles;
le premier, de coton noir, est pose comme une mantille espagnole sur ses cheveux
denoues et ramenes par devant; le second est une piece de coton rouge ornee de
broderies de soie blanche, de garnitures et de franges en perles d’acier; eile est pliee
earrement en plusieurs doubles, qu’une regle de bois assez large partage et maintient,
de maniere que la moitie couvre sa tete en s’avanqant sur son front comme un
auvent, tandis que l’autre moitie tombe sur sa nuque. Ainsi que le nom de ehernst
l’indique, ce voile est destine specialement ä la garantir du soleil.
PLANCHE XLI.
Figure 1: a’alim de hudeida.
Beaucoup plus simple que le costume generalement adopte par le corps des
ulema, celui de Ya’alim de Hudeida est reduit au strict necessaire. Il est d’ailleurs ra-