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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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Figure  2:  Bulgare  chretien  de  widdin.

Widdin,  une  des  trois  grandes  places  militaires  de  la  ligne  du  Danube,  est  industrieuse
  et  commercjante.  Placee  en  vedette  devant  les  defiles  de  la  Transylvanie  et  la
petite  Valacliie,  eile  couvre  les  approches  de  la  Serbie  et  defend  la  route  de  Nich.
Ses  habitants,  en  partie  chretiens,  offrent  dans  leur  costume  de  grandes  ressemblances
  avec  celui  des  Eoumains,  leurs  voisins  de  la  rive  opposee.
Un  des  caracteres  principaux  de  ce  costume,  tres  original,  consiste  en  ces  larges
broderies  en  application  de  drap  bleu,  vert,  jaune  et  plus  souvent  encore  rouge,  qui
forment,  au  moyen  de  reapplications  en  ganse,  de  coton  blanc,  de  laine  ou  de  soie,  et
quelquefois  meme  d’or  ou  d’argent,  des  dessins  bizarres;  mais  elegants  et  gracieux,  sur
leurs  lourdes  pelisses  de  mouton,  au  poil  tourne  en  dedans  pour  mieux  les  garantir
du  froid.
On  en  voit  un  parfait  modele  dans  le  bol  keurku  de  notre  Bulgare  chretien  de
Widdin.  Avec  une  semblable  pelisse,  il  peut  braver  des  froids  siberiens.  Ses  autres
vetements,  en  aha  (feutre)  blanc,  sont  egalement  chauds,  larges,  aises  et  pittoresques.
Son  kalpak  en  peau  d’agneau  noir  lui  a  sans  doute  ete  legue  par  ce  paysan  du  Danube
que  l’histoire  romaine  a  rendu  celebre.  Son  kyssa  entari  (robe  courte)  de  coton  raye  ct
et  le  bol  entari  en  aba  qui  le  recouvre  sont  serres  ä  la  taille  par  une  epaisse  ceinture
de  laine  rouge.  Son  potour  en  aba  est  renforce  sur  les  jambes  par  des  Jcaiche  (bas  de
chausses)  par  dessus  lesquelles  viennent  se  notier,  ä  la  fac;on  du  cothurne  antique,  les
cordelettes  de  laine  de  ses  tcharik,  sorte  de  chaussure  en  peau  brüte  qui  tient
le  milieu  entre  Vespadrille  et  le  mocassin,  plus  faconnee  que  celui-ci,  moins
ouvragee  que  l’autre.
Les  habits  en  peaux  de  mouton  du  vilayet  de  Touna  sont  l’objet  d’une  fabrication
importante.  Un  seid  tailleur  de  Toultcha:  Stoyan,  produit  chaque  annee,  en  ce  genre,
six  mille  pieces  d’habillement  dont  voici  les  prix  en  detail:
Manteau  (hoi  keurku)  francs  18
Yeste  (kyssa  keurku)  18,50
Pantalon  (potour)  15,75
47,25.
La  consommation  des  manteaux  etant  moins  grande,  a  ce  qu’il  parait,  que  celle  des
pantalons,  ce  qui  s’explique  facilement,  puisque  ces  vetements  sont  a  l’usage  d’agricul-
            
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