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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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teurs,  de  laboureurs,  de  jardiniers,  qui  ötent  leurs  vestes  pour  travailler,  et  ne  mettent
<juere  leurs  manteaüx  que  pour  aller  ä  la  ville,  la  production  du  tailleur  Stoyan  se
1000  manteaüx  4  18  francs  18,000  ffancs.
2000  vestes  ä  13-50  „  27,000
3000  pantalons  ä  15-75  „  47,250

Chiffre  d’affaires

92,250  francs  par  an.

Figure  3:  Bulgare  musulman  de  widdin.

.  Le  Cüstume  du  Bulgare  musulman  de  Widdin  est  plus  leste,  plus  degage,  plus
pimpant  et  plus  Charge  de  curieuses  broderies  que  celui  de  son  compatriote  chretien.
Ln  revanche,  son  aspect  est  moins  cossu.  Contrairement  aux  idees  regues  en  Occident,
i  semble  que  le  chretien  represente  ici  le  gros  proprietaire  rural,  et  que  le  musulman'
attache  4  la  terre  par  des  liens  moins  intimes,  ne  soit  pas  aussi  sur  que  l’autre  de  son
avemr.  On  devme  le  premier  assis,  le  dimanche  et  les  jours  de  fetes,  apres  la  messe
sous  le  figuier  au  pied  duquel  sont  enfouis  ses  ecus,  et  buvant  tranquillement,  gloneusement,
  le  raki  distille  dans  ses  domaines,  tandis  que  le  second  s’evertue  encore
a  tenter  4  la  ville  et  4  la  Campagne  toutes  les  chances  possibles  de  fortune  par
nn  travail  constant  et  infatigable.  Peut-etre  est-il  de  ja  sur  la  voie;  mais  certainement
  les  heures  de  loisir  ne  sont  pas  communes  pour  lui;  probablement  il  se  les
rcprocherait.
/  Tout  benote  en  lui  le  travailleur.  Kien  rfentrave  ses  mouvements.  Son  hjssa  hurh
mgenieusement  embelli  de  rosaces  et  de  rinceaux,  descend  a  peine  jusqu’a  la  ceinture
rouge  qui  serre  etroitement  4  ses  reins  le  bas  de  son  yelek  4  boutons  en  grelots,  conjointernent
  avec  le  haut  de  son  potour.  Entre  les  arabesques  qui  dessinent  leurs  coiirbes
capncieuses  dun  bout  4  l’autre  de  ce  vetement  indispensable,  on  voit  distinctement
apparaitre  des  poehes,  indice  de  la  prevoyance  de  celui  qui  le  porte,  et  preuve  en
meine  temps  que  son  leger  tresor  est  facilement  transportable.  Quand  un  Bulgare
a  des  poehes,  c’est  qu’il  n’est  pas  proprietaire,  puisqu’il  ne  confie  pas  4  la  terre  un
argent  qui,  sur  sa  personne,  n’est  qu’une  pierre  d’aehoppement  pour  les  autres  et  pour
lui-meme.  Comment  resister  4  la  tentation  ?  Non  pas  qu’il  craigne  les  voleurs;  Dieu
merci,  on  est  honnete  en  Bulgarie.  D’ailleurs,  n’a-t-il  pas  des  poings  vigoureux,  et
quelque  part  un  bon  couteau,  dans  ces  memes  poehes  ?  La  tentation,  c’est  le  raki.
II  est  vrai  que  notre  homme  est  musulman  ;  mais  il  ne  faudrait  pas  trop  compter  14
dessus,  car  avant  tout  il  est  bulgare.
            
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