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Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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Ainsi,  par  exemple,  dans  l’ile  de  Chypre,  c’est  le  coton.  A  Trebizonde,  c’est  Ia
laine.  A  Metelin,  c’est  la  soie.  A  Erzerouni  et  ä  Angora,  c’est  le  poil  de  chevre.
Comme  on  le  voit,  la  matiere  choisie  dans  chaque  province  pour  la  confection  des
gants  pent  donner  la  mesure  de  sa  plus  grande  production  textile,  ou,  si  l’on  prefere
poser  ainsi  la  question,  eile  indiqne  quel  est  le  produit  textile  qui  coüte  le  moins  dans
la  localite  manufacturiere.
Tous  ces  gants  sont  fabriques  par  les  meines  procedes,  quels  qu’en  soient  les  materiaux
  et  de  quelque  endroit  qu’ils  viennent.  Invariablement,  il  sont  ä  longs  poils,  exterieurement,
  et  interieurement  ils  sont  legerement  feutres.  Rien  n’est  plus  rationnel  et
mieux  approprie  ä  la  destination  des  gants,  qui  doivent  naturellement  et  avant  tout
tenir  chaud  aux  mains;  mais  en  revanche,  on  doit  l’avouer,  rien  n’est  moins  elegant;
il  y  a  loin  d’une  paire  de  gants  parisiens,  jouvin  ou  autres,  ä  une  paire  de  gants  turcs  ;
tout  un  monde  les  separe,  ils  sont  le  resultat  de  deux  ordres  d’idees  diametralement
opposes.
Quant  aux  qualites  commerciales  proprement  dites  :  le  bon  marche,  la  solidite,  la
duree,  les  gants  turcs  les  possedent  a  un  haut  degre.  Quoiqu’il  n’existe  pas  precisement
ce  que  l’on  appelle  de  grandes  fabriques  de  gants  en  Turquie,  la  production  repond
largement  aux  besoins  de  la  consommation;  et  si  la  demande  augmentait,  eile  pourrait
facilement  y  satisfaire.
En  effet,  les  monasteres,  en  Chypre,  ä  Trebizonde,  ä  Metelin,  a  Salonique  et  e  nfin
partout,  en  Turquie,  forment  autant  de  moyens  centres  manufacturiers  dont  la  f  orce
productive  ne  deploie  pas  toutes  ses  ressources,  car  eile  est  moderee  par  la  production ­
  du  travail  en  famille,  avec  lequel  eile  ne  saurait  lütter  sur  le  terrain  du
bon  marche.
Un  couvent  chypriote  produit,  chaque  annee,  40,000  paires  de  gants  de  coton  ä
16  piastres  (3  francs  20  Centimes.)  Les  couvents  de  Trebizonde  en  fabriquent  autant,
en  laine,  au  meme  prix.  A  Metelin,  un  autre  etablissement  religieux  confectionne  par
an  30,000  paires  de  gants  de  soie  ä  17  piastres  (3  francs  40  Centimes).  La  fabrication  de
Salonique,  laine  et  coton,  ne  s’eleve  guere,  annuellement,  qu’a  20,000  paires  de  gants  ä
22  piastres  (4  francs  40  Centimes).
En  regard  viennent  se  placer  les  produits  du  travail  en  famille,  ou  la  valeur  de  la
main  d’oeuvre  est  assez  difficile  ä  evaluer;  mais,  d’apres  les  chiffres  fournis  par  les  ouvriers
  eux-memes,  chiffres  auxquels  ils  estiment  leur  travail,  non  comme  prix  de  revient
seulement,  car  ils  se  montrent  tres  satisfaits  de  livrer  sur  ce  pied  aux  acheteurs  autant
de  gants  qu’ils  en  demandent,  la  moyenne  d’un  prix  de  vente  comprenant  des  benefices
honnetes  est  de  10  piastres  (2  francs)  par  paire  de  gants.
Les  familles  d’Angora  accusent  un  chiffre  de  production  annuel  de  150,000  paires
de  gants  en  poils  de  chevre,  la  plupart  destines  ä  l’exportation  dans  les  autres  provinces
de  l’Empire,  et  dont  le  prix  varie  entre  5  et  10  piastres  (1  et  2  francs).  La  ville  d’Er-
            
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