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Full text: Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

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nages, et la construction des navires. Les habitants, parmi lesquels il y a beaucoup de 
chretiens, les uns catholiques, les autres grecs orthodoxes, jouissent generalement d’une 
bonnete aisance, due ä leur travail. Beaucoup sont riclies. La pauvrete est presque 
inconnue en Albanie. 
On peut en juger du reste, par l’aspect cossu du costume du hodja. Quoique sans 
aucun luxe, ce costume donne levidente idee que celui qui le porte est ä son aise. La 
matiere premiere est un drap solide, sans trop de finesse; mais aussi sans grossierete, 
ressemblant beaucoup ä ces produits renommes des fabriques d’Elboeuf, qui ont 
fonde ä si juste titre la reputation des manufactures normandes. On n’y voit aucun 
ornement, mais tont en est ample, large, commode. Le caractere particulier de ce 
costume est surtout l’ampleur et le comfortable. Tous les details se combinent entre 
eux pour se resoudre dans un ensemble denotant, chez celui qui en est revetu, cette 
mediocrite doree cbantee "par le poete latin. Le saryk, blanc comme les neiges du 
Pinde, fait valoir les teintes rosees, les cbairs fraiches et souples du venerable insti- 
tuteur. Le volumineux pusJcul qui tombe de son fez sur ses epaules, qui sont un peu 
arrondies parl’babitude qu’ila de se pencber sur les livres, donne äson visage un certain 
air de majeste scientifique, en completant ainsi l’effet produit naturellement par sa 
barbe grise et ses lunettes, qui le designent a la veneration de ses jeunes eleves. 
Par dessus le mintan de coton imprime qui couvre sa poitrine, un yelek de drap 
bleu fonce sans manches, s’epanouit en coeur avec sagarniture de gros boutons en 
passementerie, coupes ä facettes. Une ceinture de chale blanc a raies et fleurettes 
rouges consolide et fixe ä sa taille les extremites des vetements superieurs, et les 
unit au chalwar deylrap, d’un bleu plus clair et grisatre, qui s’barmonise avec le dolama 
sans manches, tombant jusqu’aux pieds, et recouvert par le binich, de meine couleur 
que le yelek. 
Les manches du mintan laissent passer, en forme de manchettes, l’extremite d’une 
chemise de fin lin dentelee sur les bords, recberche qui ne semble pas absolument 
exempte de coquetterie, car le binich lui-meme, ä cet endroit, s’ouvre largement et 
pend plus bas que les genoux. La chaussure se compose de mest et de paboudj en 
maroquin rouge. 
Figure 2: prLtee chretien de skodra. 
Moins majestueux que le costume du Hodja, celui du pretre chretien donne ä 
penser qu’ä Skodra le pasteur chretien et ses ouailles vivent ensemble sur le pied d’une 
douce et respectueuse familiarite.
	        
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