Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : Les costumes populaires de la Turquie en 1873 : ouvrage publié sous le patronage de la Commission Impériale Ottomane pour l'Exposition Universelle de Vienne

—  65  —

que  les  autres,  relient  le  casque  ä  un  poitrinal  egalement  forme  de  rangs  multiplies
et  superposes  de  monnaies  d’or  et  d’argent,  leur  donne  un  petit  air  brave  tres  decide.
Leur  entari  court,  en  soie  brochee  a  grandes  palmes,  taillade  aux  manches  en
forme  de  queue  d’ecrevisse,  s’ouvre  par  devant  et  laisse  entierement  a  decouvert  la
chemise  transparente,  en  beurundjuk,  qui  seule  couvre  leurs  seins.  Un  djubbe  sans
manches  couvre  jusqu’ä  mi-jambes  leur  dos  et  leurs  cötes,  sans  rien  cacher  du  devant ­
  du  costume,  qu’il  rehausse  de  ses  decoupures  fantastiques  et  de  ses  broderies
aussi  riches  que  compliquees.
Dans  une  boutonniere  de  ce  djubbe,  est  passe  le  mouchoir  de  linon  transparent, ­
  brode  aux  quatre  coins  de  grands  fleurons  d’or,  formant  un  pendant  naturel
ä  la  serviette  de*coton  pelucheux  ä  bordure  ouvragee,  ä  sextuple  etage  de  soies  de  Couleurs ­
  diverses  et  de  paillettes,  dont  les  bouts  retombent  sur  le  chalvar  de  satin  a
bouquets  broches,  parallellement  ä  ceux  d’une  ceinture  en  epais  tissu  de  fils  d’or  et  de
soie  ä  carreaux,  garnie  de  longues  tresses  et  de  houppes  eclatantes.  Le  bas  du  chalvar ­
  arrondit  sa  garniture  de  broderie  d’or  comme  un  magnifique  bracelet,  autour
de  bas  blancs  bien  tires  enfonces  aux  extremites  dans  des  paboudj  de  Velours  incarnadin,
  ou,  du  sein  de  feuillages  d’or,  s’epanouissent  des  milliers  de  fleurettes  de  perles  fines.

Figure:  2  dame  chretienne  de  skodra.

D’une  tournure  ä  peine  moins  belliqueuse  que  celle  du  couvre-chef  des  dames
musulmanes  de  Skodra,  la  coiffure  des  dames  chretiennes,  au  lieu  d’affecter  la  forme
d’un  casque,  prend  l’apparence  du  mortier  dont  les  nobles  Chevaliers,  hötes  et  allies
d’Iskender  bey,  couvraient  leurs  longues  chevelures  blondes  dans  les  graves  conseils
qui  decidaient  de  l’ordonnance  de  leurs  batailles,  ou  dans  les  joyeux  banquets  oü,
faisant  circuler  de  main  en  main  le  vidercome,  ils  buvaient  largement  ä  leurs  victoires.
II  suffit  aux  dames  chretiennes  de  Skodra,  pour  se  donner  cet  aspect  heroique,  de
poser  sur  leur  tete  avec  art  une  simple  serviette  de  coton  brodee  de  soie  et  d’or,  entouree
  d’un  large  et  epais  galon  rouge  serre  sur  leurs  tempes.  Les  bouts  de  la  serviette ­
  forment  de  chaque  cote  du  visage  un  accompagnement  gracieux  aux  anneaux
souples  et  lustres  de  leurs  cheveux  tombant  en  nappes  ondoyantes.  Des  boucles  d’oreilles
  en  filigrane  en  rehaussent  et  font  valoir,  par  leur  eclat  argentin,  les  tons
intenses  et  vigoureux.
Suspendue  ä  un  elegant  collier  egalement  compose  de  fleurettes  en  filigrane  d’argent,
  se  balance  sur  les  cliairs  satinees,  entre  les  deux  seins  circonscrits  par  la
9
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.