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dans nos contrees, nous ont peuaccoutumes a ce melange
de matieres premieres si differentes. Nos chaires les plus
monumentales gardent generalement le caractere de
meubles en bois, alors meme que, les adossant a un pilier,
au lieu de les placer libres sous un arceau, comme on les
voit encore en France, eiles semblent se souder ä ledifice,
dont eiles detruisent la symetrie. La pierre et le marbre ne
servent guere, dans l’ameublement de nos edifices gothiques,
qu’au maitre-autel et au benitier placd pres de l’entree.
Nous avons möme entendu critiquer, au nom des principes
liturgiques, de belles statues en marbre blanc, que 1 un
de nos plus habiles artistes a disposees dans des arceaux
soutenant la cuve d’une imposante chaire en bois sculpte. Le
marbre, que les artistes industriels du moyen age avaient
abandonne avec la tradition paienne des Romains, fut
remplace par la pierre des pays oü travaillaient les maitres
de l’ceuvre de France, d’Allemagne, de Belgique. En Orient,
on continue ä le sculpter et a le rehausser de pierreries sur
fond or, comme sur le bei autel deM. Minghetti, semblable
ä la riche cloison du choeur des basiliques russes.
Pourles autels catholiques, la pierre, de quelque espece
quelle soit, est rituelique. Les rites de consecration exigent
meme, lorsqu’on execute en autre matiere la table du sacri-
fice, qu’une pierre encastree serve de Support au calice.
Deja sur le tombeau des catacombes, prototype de nos
autels, une large dalle recouvre la depouille morteile du
martyr, au-dessous de 1 arc voüte sous lequel le pLetre