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lesquels les metaux precieux se melerent souvent au cuivre,
surtout une combinaison des lignes principales a la forme
desquelles est due la sonorite. Au point de vue de l’aspect
decoratif, le seul dont nous ayons ä nous preoccuper
ici, le type impose par les lois de l’acoustique ne peut
guere se modifier. Les reliefs dont on enjolive les flancs de
la cloche doivent etre sobrement concus pour ne point
detruire la voix majestueuse de ces bronzes consacres, que
les sagas seculaires de l’Islande appelaient des « vierges
chantantes ».
L’ecole gothique allemande, s’inspirant d’anciens modeles
bien connus des antiquaires, sait dessiner richement
les petits sujets ä faible relief, les coquettes bordures
d’ornements coules dans la masse, les cartouches varies
ä inscriptions chronogrammatiques dont on decore nos
cloches modernes. Un beau specimen en etait expose par
M. Hadank.
En Belgique, oü les plus habiles procedes de fusion et
d’alliage'de metaux sont pratiques par les fondeurs, on se
preoccupe moius du decor, pour ne songer qu ä doter
les cloches des resonuances graves ou du son argentin
dont nos industriels savent si bien regier les moindres
modulations.
Les fondeurs italiens et alsaciens, au contraire, decorent
richement les cloches : les sujets a personnages surtout
sont dessines avec goüt (De Polis, Goussel).
En Hongrie, les figures de saints, modelees sur les flancs