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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

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INSTRUMENTS  DE  PREC1S10N.
nombre  d’appareils  identiques;  les  prix  tendent  ä  s’elever,  et  il  en  resulte
immediatement  une  penurie  de  bras  dans  les  industries  similaires  ou  voisines,
parce  qu’un  ouvrier,  en  rdpdtant  toujours  la  meine  piece,  acquiert  bientöt
assez  d’habilete  pour  gagner  de  fortes  journees.  Ce  genre  de  travail  est
d’ailleurs  loin  d’etre  profitable  au  progrös  de  la  inain-d’oeuvre,  et  constitue
une  mauvaise  öcole  pour  les  ouvriers,  a  cause  de  la  division  du  travail
qui  s’impose  aux  chefs  de  maison  comme  pouvant  seule  leur  assurer  des
bönöfices  notables  et  une  bonne  execution  des  produits  avec  des  ouvriers
mediocres.
Une  seconde  cause,  dont  les  effets  ont  ete  beaucoup  plus  complexes,
se  trouve  dans  les  ddsastres  de  la  guerre  elrangere  et  de  la  gucrre  civile
qui  l’a  suivie.  La  production  a  ete  interrompue  pendant  une  grande  annee,
et  n’a  pu  reprendre  ensuite  que  peu  a  peu;  or,  pendant  ce  ternps,  la  consornmation
  a  appris  a  s’approvisionner  a  d’autres  sources.
En  outre,  les  exigences  des  ouvriers  parisiens  ont  ete  en  augmentant,
tandis  que  leur  habilete  suivait  une  marche  inverse.  A  vrai  dire,  il  est
dans  fordre  naturel  des  cboses  que  le  prix  de  la  main-d’oeuvre  tende  a
s’egaliser  dans  les  diverses  industries,  et,  ä  cöte  de  l’elevation  considerable
des  salaires  des  ouvriers  en  batiments,  par  exemple,  il  est  juste  que  celui
des  mecaniciens  ait  egalement  progresse.  Malheureusement,  la  solidarite
dont  les  ouvi'iers  se  font  une  arme  pour  arriver  a  Felövation  des  salaires
a  aussi  pour  effet  de  favoriser  la  mediocrite  et  le  defaut  d’assiduite,  et
trop  d’ouvriers  ne  profitent  de  cette  elevation  de  salaires  que  pour  travailler
  rnoins  souvent.
Il  en  sera  ainsi  tant  que  l’industrie  des  instruments  de  precision  restera
presque  exclusivement  une  industrie  parisienne;  nous  avons  vu  qu’en
AHemagne  et  en  Suisse  l’industrie  similaire  se  trouvait  dissöminee  dans  un
tres-grand  nombre  de  localilös;  la  main-d’ceuvre  est  a  meilleur  marche
dans  ces  pays  qu’en  France,  et  ö  plus  forte  raison  qu’a  Paris.  Il  serail
donc  de  toute  necessite  que  cette  industrie  put  se  decentraliser  chez  nous.
En  rdsume,  vers  quel  but  doivent  tendre  nos  efforts?  D’abord,  tacher
de  nous  conserver  le  marche  etranger;  ensuite,  si  nous  devons  le  perdre
dans  uneproportion  plus  ou  moins  grande,  faire  en  sorte  que  la  Science
n’en  souffre  pas  en  France.  Pour  cela,  voici,  je  crois,  ce  qu’il  faudrait  pouvoir
  faire  :
i°  Exciter  par  tous  les  moyenspossibles  nos  mecaniciens,  opticiens,  etc.,
a  fröquenter  les  exposilions  ötrangeres,  soit  speciales,  soit  universelles,
en  leur  fournissant  les  moyens  de  le  faire  sans  frais.  La  commande  etrangere
  pourra  alors  se  soutenir  pendant  assez  de  ternps  encore  pour  que
nos  industriels  aient  le  temps  de  fonder  en  province  des  ateliers  speciaux.
            
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