MAXIERES COLORANTES ARTIFICIELLES. 139
Enfin le brai sec resulte d’une distillation poussee jusque vers 35o ou
4 o o degres.
Aujourd’hui, en vue de l’obtention des huiles a anthracene, on pousse
generalement la distillation jusqu’a cette derniere limite, qui est atteinte
dans l’usine de la Compagnie parisienne du gaz.
Les huiles qui passent a la distillation a ees tempöratures elev^es pre-
sentent, apres le refroidissement, une consistance butyreuse et un aspect
verdatre (p. i34). Ce sont les huiles a anthracene. On les recueille a part.
A 4oo degres, on arrete la distillation, a moins que Ton ne veuille
sacrifier le brai, comme nous le dirons plus loin. Le rdsidu de la chau-
diere est encore fluide a cette haute temperature. On l’evacue tout chaud
par les robinets de vidange, qui doivent etre places du cöt^ oppose des
loyers et completement isoles de la chaudiere et de son foyer. Au moment
de la coulee, le brai &net, en effet, des vapeurs lourdes et jaunes qu’il
serait dangereux d’appeler du cotd du fcu. Dans les usines de la Com
pagnie parisienne, le brai se rend d’abord dans des etouffoirs en tole ou
sa temperature s abaisse de 4oo a 200 degres. De la , il se rend dans
une grande chambre en tole qui regoit le brai de toutes les cornues. II en
sort a 120 dcgrds encore fluide, pour couler lentement dans de grands
reservoirs creuses a ciel ouvert.
Le brai a regu, comme on sait, de nombreuses applications. II sert,
comme une sorte d’asphalte artificiel, a la construction de trottoirs, de cou-
vertures. On l’emploie pour impregner des briques ou des pierres qu’on
veut rendre impermeables. Mais son principal usage consiste dans la
fabrication des combustibles agglomer^s.
Nous avons ddcrit plus haut les appareils et procedes les plus genera
lement employ^s pour la distillation du goudron. Nous passerons sous
silence la description des variantes et des essais qui ont eu pour but, soit
de faciliter le degagement des vapeurs par l’injection de vapeur d’oau,
ou leur fractionnement dans des cylindres disposes verticalement comme
des appareils a colonne, soit de rendre 1’Operation continue en introdui-
sant continuellement le goudron a une extremite et en faisant sortir le
brai par l’autre. Jusqu’ici ces diverses dispositions n’ont pas repondu a
l’attente des inventeurs.
§ 3.
TRAITEMENT DES HDTLES LEGERES.
Les essences l^g^res provenant du premier fractionnement des produits
delabouille, etant soumises a une rectification, passent enlre-f- 3o et 1 5o
degres environ. On en distille les deux tiers, et Fon rdunit le reste aux