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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

MATltiP.ES  GOLORANTES  ARTIFICIELLES.  211
mentionner  l’acide  isopurpurique,  matiere  coloranle  rouge  qui  resulle  de
1  action  du  cyanure  de  potassium  sur  I’acide  picrique,  et  dont  le  sei  ammoniacal
  presente  la  composition  de  la  murexide  Ce  sei  donne  des  nuances
grenat  assez  riches.  II  a  e't^  prepare  en  Angleterre  par  MM.  Roberts  Dale
et  C ,c ,  et  en  France  par  M.  Caslhelaz.
S  2.
acide  rosolique  et  derives.
L’acide  rosolique  a  «5t<5  decouvert,  en  i834,  par  Runge,  qui  a  extrait
cette  matiere  des  residus  de  la  preparation  de  l’acide  phenique.  Cette  d«icouTerte
  passa  inapercue  jusqu’en  186,,  oii  MM.  Kolbe  et  Schmidt  pubberent
  un  procede  de  preparation  de  ce  corps  qui  consiste  a  traiter  le
])henol  par  un  melange  d’acide  sulfurique  et  d’acide  oxalique.  Mais,  a  cette
epoque,  le  procdde  dont  il  s’agit  etail  dejh  passe  dans  l’industrie.  M.  Jules
ersoz  1  avait  decouvert  en  i85g.  Le  mihne  cbimiste  avait  reconnu  qu’en
chauttanl  1  acide  rosolique  en  vase  clos  avec  de  l’ammoniaque  on  le  convertit
  en  une  belle  matiere  coloranle  rouge  qui  a  6le  desigmie  sous  le
noni  de  peonmc,  pour  marquer  l’analogie  de  cette  matiere  coloranle  avec
le  rouge  de  pivoine  (.Pceonia).  Plus  tard,  ce  nom  a  dtd  cbang4  en  celui  de
corallme ’  T n  rappelle  la  nuance  rouge  corail  que  presentent  certaines
teintures  faites  avec  ce  produit.  M.  Jules  Persoz  a  cedd  l’exploitation  de
ces  decouvertes  a  la  maison  Guinon,  Mamas  et  Rönnet,  de  Lyon.  Peu  de
temps  apres  (brevet  du  ai  juillet  1862),  cette  maison  introduisit  dans
le  commerce  une  matiere  colorante  bleue  dune  teinte  tres-pure,  a  laquelle
  on  a  donne  le  nom  d’azuline.  Les  nuances  qu’elle  donne  se  rapprochaient
  en  effet  du  bleu  d’azur.  M.  Richoud  l’avait  obtenue  en  faisant
reagir  1  amline  sur  l’acide  rosolique.  L’azuline,  dont  la  preparation  est  abandonnee
  aujourd’hui,  est  donc  un  derive  de  l’acide  rosolique,  ainsi  que
la  peomne  ou  corallme  rouge.  M.  J.  Persoz  envisageait  avec  raison  ce
dernier  corps  comme  l’amide  de  l’acide  rosolique;  l’azuline  en  est  l’ani-,de
 ’  da P r ® s  M -  Charles  Girard.  En  effet,  lorsqu’on  decompose  l’azuline
pure  par  la  potasse  caustique,  on  la  d<idouble  en  aniline  et  en  acide  rosolique. ­

,  La  nature  et  le  mode  de  formation  de  ce  dernier  corps  ont  ete  eclaircis
recemment  par  divers  travaux.  MM.  Dale  et  Schorlemmer,  d’une  pari,
L  rresemus,  de  l’autre,  ont  demontre,  en  effet,  que  l’acide  rosolique,  qui
est  connu  aujourd’hui  dans  le  commerce  sous  le  nom  de  corallme  jaune,
nest  pas  un  produit  pur,  mais  un  mdlange  de  deux  corps.  Pour  isoler  la
1  L’acide  isopurpurique  renferme,  d’apres  M.  Baeyer,  C*H 3 Az s 0 5 .
            
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