Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

252

EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  VIENNE.
historiques,  la  täclie  de  chaque  ouvrier  cbange  tous  les  jours,  et  il  rcncontre
  sans  cesse  des  diflicultes  qui  stimulent  son  intelligence.  Les  arcliitectes
  d’ailleurs  exigent  d’eux  une  precision  qui  n’est  point  si  rigoureusement
  necessaire  dans  les  travaux  civils.  Loin  d’etre  decourages  ou  rcbutes,
nos  ouvners  aiment  a  ötre  cmployes  a  nos  restaurations,  et  sy  Interessent,
parce  qu’ils  s’y  instruisent,  et  surlout  parce  qu’ils  ont  continuellement
quelque  cliose  de  nouveau  a  faire.  L’ennui  est  ce  que  le  Frangais  redoute
le  plus,  la  difficultA  excite  son  amour-propre,  et  il  parvient  toujours  a
la  surmonter.  Rien  de  plus  eornmun  dans  nos  chantiers  que  de  voir  des
ouvriers  reclamer  comme  une  faveur  les  täches  difiiciles,  bien  qud  n  en
resulte  pour  eux  aucune  augmentation  de  salaire.
Cette  variete  continuelle  dans  le  travail,  ajoutait  M.  Merimee,  l’application
  qu’exige  une  execution  bors  de  la  rouline,  produisent  un  effet  salulaire
  sur  le  inoral  de  nos  ouvriers.  Ils  sont  occupes  et  leur  täclie  lcur  plait.
On  sait  que  la  plupart  de  nos  restaurations  ont  lieu  dans  des  villes  de
mediocre  importance;  car,  dans  les  grands  cenlres  de  population,  les  monuments
  anciens  onl  disparu  sous  les  constructions  nouvelles,  ou  bien  ds
se  sont  conserves  pour  un  usage  public,  enlretenus  par  des  subventions
municipales.  C’est  encore  une  circonstance  qui  tourne  au  profit  de  nos
ouvriers.  Une  grande  ville  leur  offrirait  des  seductions  de  tout  genre;  dans
une  petite  ville,  ils  n’ont  d’autre  distraclion  que  leur  travail;  les  vivres  y
sont  a  bon  niarche;  ils  gagnent  et  ne  depensent  pas.
Apres  avoir  dit  ce  que  gagne  l’ouvrier  qui  va  travailler  en  province,  ou
les  restaurations  des  monuments  historiques,  sans  entrainer  des  depenses
considerables,  repandent  le  niouvement  et  la  vie  dans  des  localites  souvcnt
diilaissees,  il  reste  a  dire  un  mot  du  bien  qu’il  y  fait.
Lorsque  nos  ateliers  se  forment,  on  expedie  de  Paris  ou  de  la  grande
ville  la  plus  voisine  quelques  ouvriers  d’elite,  ouvriers  de  tous  les  metiers,
car  ils  sont  tous  necessaires  dans  une  restauralion  d  une  certaine  iniportance.
  Ces  bommes  sont  charg^s  de  former  d’autres  ouvriers  pris  sur  les
lieux;  ils  leur  enseignent  la  precision  a  laquelle  on  les  a  habitues,  et  ils
y  parviennent  sans  peine,  car  ils  ont  affaire  le  plus  souvent  a  des  ouvriers
dociles,  penetres  d’avauce  de  respect  pour  le  maitre  venu  de  loin.  A  Paris,
l’education  d’un  ouvrier  est  souvent  dilbcile;  c’est  l’entrepreneur  qui  en
est  cliarge;  l’ouvrier  a  sa  routine  et  croit  en  savoir  plus  que  celui  qui  veul
ln  reformer.  En  province,  il  en  est  tout  autrement;  c’est  l’ouvrier  qui  cnseigne
l’ouvrier.  II  est  bien  plus  exigeant  que  l’entrepreneur,  mais  il  inspire  une
aveugle  confiance.  Partout  ou  des  travaux  dart  ont  ete  executes,  on  a  pu
remarquer  une  anielioration  tres-sensible  dans  les  procedes  des  ouvriers
en  cette  localite,  memo  parmi  ccux  qui  n’y  ont  pas  ete  einployes.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.