MONUMENTS HISTORIQUES. 271
servation est aujourd’hui assuree, grace au concours de FEtat et aux res-
sources accordties par les administrations locales, bien des 4diiices impor-
tants pour Fhistoire de l’art attendent encore les subventions necessaires :
Feglise abbatiale de Saint-Denis, la chapelle du chäteau de Vincennes,
Fancienne abbaye de Saint-Jean-des-Vignes ä Soissons, Fancienne cathe-
drale de 'Foul et Feglise Saint-Gengoult, celle de la Trinitd ä Vendöme,
et le palais des Ducs de Bourgogne & Nancy, ont cruellement souffert des
rigueurs de Foccupation etrangere; les credits ordinaires ne sauraient
suffire a couvrir ces depenses impr^vues et auxquelles il est urgent de faire
face. Un credit special de 600,000 francs a 6te demande ä FAssemblee
nationale par le Ministre de Finstruction publique, des cultes et des
beaux-arts, atin de pourvoir aux repnrations les plus urgentes, credit bien
insufFisant, sans nul doute, rnais qui s’augmentera de la part contributive
des communes et des departements.
En dehors des travaux d’extreme urgence auxquels il fallait pourvoir
sans besitation, bien des monuments sont encore prives des allocations
sollicil<ies pour leur restauration; les dludes sont faites, et les chantiers
seront ouverts aussitbt que les ressources aflfectees au Service des monu
ments historiques le permettront. De nouveaux et importants sacrifices
seront necessaires, mais les besoins sont trop essentiels pour dchapper a
la sollicitude du Ministre eclaire qui preside äla haute administration des
beaux-arts; ils touchent a des interets trop multiples, dissemines sur tous
les j)oinls du territoire, pour ne pas exciter les sympathies des represen-
tants du pays, sympathies qui n’ont jamais fait d^faut a toute oeuvre inte
ressant notre bistoire en meme temps que le bien-etre de nos populations.
Les grands travaux approuves parl’Assembl6e nationale temoignent assez
de Fint^ret quelle porte aux arts et a la gioire du pays; eile n’ignore pas
qu’elle assure ainsi Fexistcnce d’un grand nombro d’ouvriers en vivifiant
des industries dignes de toute sa sollicitude, et sans doulc il est beau,
sclon Fheureuse expression de notre regrette collegue et ami Prosper
Merimee, de laisser ä la postdrite des Souvenirs de Fart de notre 4poque;
mais n’est-il pas convenable aussi de montrer aux generations fulures que
nous avons su apprecier et conServer les cbcfs-d’oeuvre que nos peres nous
ont laisses?
E. DU SOMMERARP.