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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

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EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  V1ENNF.

constructions  du  nioyen  äge  que  nous  possedions  en  France.  Les  colonnes
qui  divisaient  les  trois  nefs  ^taient  en  marbre  provenant  de  monuments
antiques.  Malheureusement,  vers  1780,  on  restaura  entierement  l’inlerieur
  de  cette  eglise  dans  le  gorxt  du  temps.  Les  colonnes  furent  enlev^es
et  remplacees  par  des  piliers  en  pierre  revetus  d’enduits  en  platre.  Schneyder
  dit,  dans  son  ouvrage  inedit  conserve  a  la  bibliotheque  de  la  ville,
qu’il  fut  charg^  par  Soufflot  d’acheter  ces  colonnes  pour  les  employer  dans
un  chateau  que  faisait  construire  cetarchitecte.  Malheureusement,  Schneyder
  n’indique  pas  ou  eiles  ont  6te  transportees,  de  sorte  que  la  restauration
  de  cette  eglise,  mxlme  en  Imagination,  n’est  pas  possible.
Cependant  deux  des  colonnes  qui  decoraient  cet  edifice  sont  encore  aujourd’hui
  en  place;  elles  sont  plac^es  a  droite  et  ä  gaucbe  de  l’abside,  ä  la
naissance  de  la  partie  circulaire.  Elles  avaient  ete  noy4es  dans  les  nouvelles
  magonneries  et  depuis  mises  a  decouvert,  mais  en  restant  toujours
dans  leur  encaissement.  Ces  deux  colonnes,  en  tres-beau  cipolin,  avec
bases  et  chapiteaux  de  marbre  blanc,  ont  de  7  a  8  metres  de  hauteur.
llien  ne  serait  plus  facile  que  de  sortir  ces  colonnes  de  Finterieur  de  la
muraille;  on  pourrait  ensuite  les  placer  dans  le  inusde,  dont  elles  deviendraient
  un  des  ornements  et  serviraient  a  supporter  des  statues  ou  quelques
aulres  fragments  de  sculpture.
Le  clocher  qui  dxicore  la  fagade  de  cette  eglise  est  bien  posterieur  au
monument;  il  appartient  evidemment  au  xii°  siede,  ainsi  que  le  narthex
qui  le  precede.  L’abside  est  a  peu  pres  de  la  meme  epoque,  et  la  chapelle
Notre-Dame,  qui  est  derriere  cette  abside,  un  peu  anterieure.  Plusieurs
fragments,  epars  aujourd’hui  dans  des  constructions  particulieres,  font  juger
  de  l’importance  et  de  la  richesse  de  cette  ancienne  abbaye.
A  Fepoque  oü  le  culte  fut  retabli  en  France,  le  Gouvernement,  pour
cre.er  un  revenu  ä  la  fabrique  de  Saint-Maurice,  lui  donna  la  propriete
de  Feglise  Saint-Pierre.  Par  suite  d’arrangements  entre  la  ville  et  la  fabrique, ­
  que  je  n’ai  pu  connaitre,  le  musee  fut  etabli  dans  cette  eglise  et  y
resta  jusqu’en  1822,  epoque  a  laquelle  on  le  transporta  dans  le  temple
d’Auguste  et  de  Livie.  Depuis  lors,  cette  eglise  a  ete  occupee  par  des  etablissements
  industriels,  et,  depuis  plusieurs  annees,  par  un  constructeur
de  machines,  qui  paye  annuellement  i,3oo  francs  et  dont  le  bail  finit  le
31  oclobre  18  A  5.
Le  moment  est  donc  arrive  ou  Fon  pourrait  intervenir  au  pres  de  la  fabrique ­
  pour  Pempecher  de  renouveler  le  bail  du  localaire  actuel,  et  peutetre
  que,  d’ici  a  son  expiration,  on  trouverait  le  moyen  d’indemniser  Feglise ­
  Saint-Maurice  de  Fabandon  quelle  ferait  d’une  portion  de  son  revenu.
La  disposition  de  cette  eglise  se  preterait  parfaitement  a  un  musee;  ses
            
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