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Full text: France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

MONUMENTS HISTOR1QUES. 429 
Vierge, se voient sur les flancs de chacune des deux tours trois entailles 
tr&s-proprement faites; les deux voisines de l’angle, coup^es carrdment et 
d’une profondeur de 20 centimetres environ, la troisieme coup^e en bi- 
seau commc pour recevoir le pied d’un lien ou d’un chevron; au-dessus 
de la niche de la Vierge, on remarque trois autres trous carres profonds, 
destines a recevoir des pieces de bois formant une forte saillie. Ces trous 
4taient destin^s ä recevoir la charpente d’un auvent formant une saillie 
devant la porte, protegeant la niche de la Sainte-Vierge et les gens de 
garde ä l’entrde de la ville. Cet auvent devait exister en temps de paix; en 
temps de guerre il devenait un mächicoulis. A quelques metres au-dessus 
de cet auvent on voit encore, sur les flancs des deux tours de chaque cöte, 
quatre entailles, les trois premieres au-dessus de celles servant de point 
d’appui aux chevrons de l’auvent, et la quatrieme a 60 centimetres en 
avant. La etait etabli leplancherdu deuxieme mächicouli. Une cinquieme 
entaille, faite entre les deux dernieres et un peu au-dessus d’elles, servait 
de garde pour recevoir la trappe destinde a proteger les assi^g^s contre 
les projectiles du deliors, et maintenait par un Systeme de d^charges tout 
cet etage de bois superieur en l’empechant de basculer. On ne pouvait 
communiquer des tours a ces machicoulis exterieurs que par une ouverture 
pratiquee au deuxieme etage et par des dcheiles, de fafon ä isoler les 
machicoulis, dans le cas ou les assaillants s’en seraient empar^s. II est 
naturel de supposer que ces ouvrages de bois ^taient protdg^s par des de- 
vantures percdes de meurtrieres. L’assaillant, pour pouvoir s’approcher 
de la premiere herse, devait donc affronter une pluie de traits et les pro 
jectiles lances par trois machicoulis, deux poses en temps de guerre et un 
dernier tenant a la porte elle-meme. Ce n’est pas tout: le sommet des 
tours dtait garni de hourds en bois que Ton posait dgalement en temps 
de guerre. Les trous destinds au passage des poutres en bascule qui sup- 
portaient ces hourds sont tous parfaitement conserves et dispos^s de ma- 
niere que du dedans on pouvait, en tres-peu de temps, etablir cet ouvrage 
de bois, dont la couverture se reliait a celle des combles ä demeure. En 
effet, on confoit facilement qu’avec le Systeme de creneaux et de meurtrieres 
pratiqu^s dans la construction de pierre, il etait impossible d’emp^cher 
des assaillants nombreux et hardis, proteges par des chats, sortes de cha- 
riots recouverts de planches et de peaux, de saper le pied des tours, 
puisquc par les meurtrieres, malgre l’inclinaison de leur coupe, il est im 
possible de voir le pied des fortifications, et par les creneaux, a moins de 
sortir la moitie du corps, on ne pouvait non plus viser un objet place en 
bas de la muraille. Il fallait donc ^tablir une defense continue couverte, 
et permettant ä un grand nombre d’assidges de defendre le pied des mu-
	        
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