432 EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
Derriere la lierse, on trouvait une epaisse porte de diene ä deux van-
taux roulant sur une crapaudine inferieure et un pivot fixe dans un hn-
teau en bois dont les scelleinents sont intacts. Ges vantaux etaient forte
ment serräs contre leur feuillure par une barre qui se logeait dans une
entaille reservee dans le mur de droite lorsque ia porte etait ouverte, et
par deux barres de bois entrant dans des entailles pratiquäes dans le mur
du couloir.
Si l’on penetre au milieu du passage, on voit dans la voute s’ouvrir un
large trou carre qui communique avec la salle du premier etage. La di-
mension extraordinaire de ce trou s’expbque par la necessite ou se trou
vait l’assiäge de pouvoir lancer des projectiles non-seulement au milieu,
mais aussi contre les parois du passage. D’ailleurs, la voute du premier
ätage est egalement percee d’un trou carrä, mais plus petit, de sorte que
du deuxieme elage on pouvait jeter des materiaux dans toute la largeur
du passage inferieur sans se dämasquer.
Des deux cotes de ce large mächicoulis, au premier etage, il existe
deux reduits profonds qui pouvaient servir de refuge aux defenseurs dans
le cas oü les assaillants auraient voulu leur decocher des traits. La lar
geur de ce mächicoulis permettait aussi de jeter sur l’assiägeant des fas-
cines embrasees, et les reduits devaient alors garantir les defenseurs de
la fumee et de la flamme, en leur laissant le moyen d’entretenir le feu.
Des meurtrieres laterales, percees au niveau du sol, permettaient aux ar-
baletriers placäs dans les salles du rez-de-chaussäe des deux tours d’en-
voyer ä bout portant des carreaux aux gens qui se seraient aventuräs dans
ce dangereux passage.
De meme que devant la herse exterieure, il existe, dans la salle du
premier etage, un second mächicoulis oblong, destine ä proteger la se-
conde herse. Ce mächicoulis se fermait, comme le grand trou pratique
dans le milieu de la voute du passage, par une trappe dont la feuillure et
la place menagee dans le mur existent encore. Au moyen d’une petite fe-
netre qui eclairait la salle du premier etage, les assiegäs du dedans pou
vaient communiquer des ordres ä ceux qui servaient la seconde herse sur
le parapet donnant du cote de la ville. Cette seconde herse manoeuvrait
sous un grand arc r^serve ä cet effet; son treuil etait en outre protegö par
un auvent maintenu par de forts crochets en fer qui sont restes scelles
dans la muraille. Tout le jeu de cette herse est encore aujourd’hui parfai-
tement visible; toutes les ferrures sont en place : la herse seule manque.
Les deux tours qui flanquent cette entrde sont distribu^es de la meme
maniere; eiles se composent d’un etagc de caves creuse au-dessous du sol,
d’un rez-de-chaussäe perce de meurtrieres et voütä, avec quatre escaliers