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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

/,34  EXPOSITION  UNIVERSELLE  .DE  VIENNE.
instant  on  pouvait  pousser  la  porte  et  la  barricader  cn  tirant  rapidement
la  harre  de  bois,  avant  meine  de  prcndre  le  temps  de  mettre  les  verroux
ou  de  donner  un  tour  de  clef  a  la  serrure.
On  est  frappe,  lorsqu’on  Studie  ces  fortifications,  de  voir  avec  quel
soin  on  s’est  mis  en  garde  contre  des  surprises;  toutes  sortes  de  pr^cautions
  ont  etö  prises  pour  arr&er  l’ennemi  et  l’embarrasser  a  chaque  pas
par  des  dispositions  compliqu^es,  par  des  detours  impossibles  a  prevoir.
Evidemment,  un  sidge  a  cette  epoque  n  dait  reellement  seneux,  poui
Passidge  comme  pour  l’assaillant,  que  quand  on  en  etait  venu  a  se  prcndre
pour  ainsi  dire  corps  ä  corps.  Une  garnison  aguerrie  pouvait  lütter  avec
quelques  chances  de  succes  jusque  dans  ses  dernieres  defenses.  L’ennemi
entrait  dans  la  ville  par  escalade  ou  par  une  breche  sans  que  pour  cela  la
garnison  se  rendit,  car  alors,  renfermee  dans  les  tours,  qui,  je  le  repele,
sont  autant  de  forts,  eile  pouvait  se  defendre  longtemps;  il  fallait  forcer
un  grand  nombre  de  portes  bien  barricadees.  Prenait-on  le  rez-de-chaus-S(
 s e  d’une  tour,  les  etages  superieurs  conservaient  encore  des  moyens  puissants
  de  defense.  On  voit  que  tout  etait  calcule  pour  une  lutte  possible
pied  a  pied.  Ces  escaliers  ä  vis  etaient  facilement  barricades  de  mamere  ä
rendre  vains  les  efforts  des  assaillants  pour  monter  d’un  <itage  a  un  autre.
Les  bourgeois  dune  ville  eussent-ils  voulu  capituler,  que  la  garnison  se
gardait  contre  eux  et  leur  interdisait  l’acces  des  tours  et  courtines.  C’est
un  Systeme  de  clißancc  adopte  envers  et  contre  tous.  Les  machines  dont
les  assaillants  disposaient  a  cette  4poque  pour  battre  de  loin  des  murales ­
  comme  celles  de  Carcassonne  ne  devaient  produire  qu’un  effet
tres-mediocre,  car  l’artillerie  seule  pourrait  les  renverser.  Restaient  la
sape,  la  mine,  le  bdlier  et  tous  engins  qui  obligeaient  l’assiegeant  a  se
porter  au  pied  meme  des  murailles;  or  il  etait  difficile  de  se  loger  et  de
saper  sous  ces  hourds  saillants  qui  vomissaient  des  projectdes  de  toutes
sortes.  On  ne  doit  donc  pas  etre  surpris  de  voir,  dans  ces  temps  recules,
des  sieges  se  prolonger  indefiniment.  La  eite  de  Carcassonne  etait,  a  la
fin  du  xiif  siede,  avec  sa  double  enceinte  et  ses  combinaisons  ingenieuses
de  defense,  une  ville  imprenable,  qu’on  ne  pouvait  reduire  que  par  famine,
  et  encore  eut-il  fallu  pour  la  bioquer  une  arm4e  nombreuse,  car  il
etait  facile  a  la  garnison  de  garder  les  bords  de  l’Aude  au  moyen  de  la
barbacane,  qui  permettait  de  faire  des  sorties  avec  des  forces  imposantes
et  de  culbuter  les  assiegeants  dans  le  fleuve.
Les  remparts  et  les  tours  sont  surtout  formidables  sur  les  points  de  l’enceinte
  ou  les  acces  du  dehors  sont  laciles,  ou  des  escarpements  naturels
ne  viennent  pas  opposer  un  obstacle  puissant  a  lassaillant.  Du  cote  du
nord-est,  de  Test  et  du  sud,  la  ou  le  plaleau  qui  sert  d  assiette  a  la  eile
            
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