MONUMENTS HISTORIQUES.
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A partir de ce point de l’enceinte interieure, nous voyons reparaitre
dans les constructions infdieures des courtines les restes des rauraüles
des Visigoths, jusqu’ä la porte Narbonnaise. Les tours de cette partie de
l’enceinte sont bäties sur les fondations des tours primitives, elles sont
d’un diametre plus faible que celles du xui e siede. Seule, la tour dite de
Balthazar parait avoir etd entierement reconstruite a cette derniere epoque.
Aussi presente-t-elle a l’exterieur un bec saillant, comme la plupart des
tours de Philippe le Hardi, et, si eile est plus epaisse et d’un diametre
plus grand que les tours visigothes, surdevees au xm e siede, c’est qu’elle
devait dominer les courtines de ce cote, ponr ne pas etre battue par la
tour de l’enceinte extdieure, dite de la Vade, laquelle est fort haute. Les
tours qui sont elevees sur les restes des tours primitives ne sont pas voü-
tees, et des planchers en bois separaient leurs dages; leurs escaliers a vis
font saillies a 1’intd‘ieur, et sontpris aux depens du vide des salles.Toutes ces
tours interrompent la circulation du chemin de ronde des courtines; il faut
les traverser pour communiquer d’une courtine ä l’autre. L’une d’elles, dite
de Dardja, est batie sur une substruction romaine formee de gros blocs de
pierre parfaitement jointifs, sans mortier. Ce soubassement romain depen-
dait certainement d’une tour carree, car au xm e siede, on s’est contentö
d’abaltre les aretes saillantes a coups de masse, pour arrondir autant que
possible cette construction massive qui ne renferme qu’un blocage. Les
salles du xni' siede ne sont devees qu’au-dessus de ce blocage. En exami-
nant le plan de la surdevation du xm° siede, on voit que les construc-
teurs ont donn^ ä la partie circulaire exlerieure une forte ^paisseur, tandis
que du cot^ de la ville, la oü la tour est fermde par un mur plat, les
murs ont une moindre ^paisseur, afm de laisser un espace vide plus grand
ä Tinterieur pour loger le poste.
Ainsi, toute cette portion de l’enceinte comprise entre la tour Saint-
Martin et la porte Narbonnaise peut etre regardee comme dant recons
truite par Philippe le Hardi sur l’enceinte des Visigoths, qui avait et4
elevee elle-meme sur les murailles de la eite romaine. Le perimetre de
la ville antique est donc donne probablement par le perimetre de la ville
des Visigotbs, puisque, du cote du nord comme du cot^ du midi, nous
retrouvons des fragments des constructions romaines sous la fortification
des Barbares.
Des hourds disposds sur toute cette ligne de fortifications formaient un
parcours non interrompu, les hourds des tours s’assemblant, au moyen de
quelques marebes, avec les hourds des courtines. Cela dait ndeessaire
]»our faliciler la defense, et ne pouvait avoir d’inconvdiients dans le cas
ou l’assiegeant se serait empare d’une portion de ces hourds, car il dait