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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

520  EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  VIENNE.
rimpulsion  d’un  sentiment  religieux  puissant,  s’eleverent  calhedrales  et
basiliques,  il  fut  facile  aux  eveques  ou  abbes  du  Bearn  de  trouver  des
ouvriers  habiles  qui  deroulerent  dans  los  eglises,  comme  un  brillant  tapis,
les  mosa'iques  aux  vives  couleurs.
Une  cbose  d’ailleurs  devait  contribuer  ä  conserver  la  pratique  de  cet
art:  la  facilite  de  se  procurer  du  marbre;  les  maleriaux  abondaient.  Aussi
la  mosaique  enlra  dans  les  mceurs  et  les  habitudes;  n’en  trouve-t-on  pas
laprcuve  dans  la  fa^on  dont  on  a,  pendant  si  longtemps,  pave  les  cours
et  ceiiaines  picces  des  habitations,  en  petits  cadloux  de  coulour,  qui,
par  la  variete  capricieuse  de  leurs  dessins,  rappellent  les  mosa'iques  en
marbres?
Pendant  la  periode  d’invention,  un  mouvemcnl  artistique  s’etait  produit
dans  l’Orient:  un  art  nouveau,  symbolisant  les  dogmes  de  la  religion  chretienne,
  venait  ouvrir  une  nouvellc  voie  aux  artistes;  et,  si  1  on  voit  encoie
dans  les  mosa’iques  de  Lescars  et  de  Sordes  quelques  motifs  empruntes  a
la  tradilion  romaine,  on  y  trouve  en  meine  temps  les  caracteres  les  plus
saillants  de  l’art  bysantin.
Dans  les  mosa'iques  gallo-romaines,  on  retrouve  les  bordures  imbriquees,
  les  torsades,  les  couronnes  de  feuilles  de  laurier  des  mosa'iques
antiques;  les  figures  sont  nues  et  drapees,  les  sujels  sont  empruntes  a  la
mythologie
Dans  les  mosaiques  romancs  de  Sordes  el  Lescars,  on  ne  retrouve  plus
les  feuilles  de  laurier  et  de  lierre  cheres  a  la  mosaique  antique;  le  figuier
les  a  remplaces.  La  feuille  et  les  gra[>pes  de  raisin  ont  un  autre  caractere
  :  les  grains  de  raisin  sont  detaches  a  Sordes,  au  heil  detre  soudes
comme  ä  Pondoly.
Dans  le  dessin  des  animaux  apparait  l’influence  dun  style  nouveau:
les  corps  se  sont  allonges,  il  cst  unpossible  de  ne  pas  etre  frappe  de  leui
ressemblance  avec  les  animaux  heraldiques;  ce  sont  deja  ces  formes  maigres
qui  caraclerisent  si  bien  l’epoque  ou  est  ne  1  art  heraldique.
Les  figures  ne  representent  plus  des  sujets  mythologiques,  mais  des  evenements
  contemporains;  les  personnages  portent  le  costume  de  l’epoque.
Dans  la  mosaique  de  Lescars  qui  represente  une  cliasse,  l’homme  de  couleur
  ii  la  jambe  de  bois  devait  etre  legendaire  ou  historique;  le  dessin  de
rliasse  rappelle  celui  de  la  tapisserie  de  Bayeux.
Ajoutons,  pour  terminer  cctte  nomenclature  despnncipales  diflerences,
que  les  entrelacs  ont  pris  un  caractere  different:  le  filet  milieu  s  est  elargi,
'  A  Pondoly,  il  y  avait  dans  la  salle  des  Dan-  dont  les  figures  etaient  presque  nues.  Au  mupliins
  une  tele  du  Neplune  entre  deux  Renom-  see  de  Toulouse  sc  trouvent  des  fragments  remees;
  ä  Saint-Crirq,  un  sujet  mythologiqne  presentant  des  dienx.
            
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