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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

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MONUMENTS  HISTORIQÜES.  —  ANNEXES.
cloi'tres,  on  parlait  la  langue  morte;  dans  les  chateaux  et  les  campagnes,  an
idiome  jeune  et  plein  de  vie.  Aussi,  landis  que  les  peintres  de  cloitres  s’amusaient
  ä  fixer  minutieusement  un  peu  d’oret  de  couleur  sur  des  feuilles  de  velin  ,
les  peintres  artistes,  les  veritables  peintres  de  Tepoque,  les  rivaux  des  arcbitectes,
  des  sculpteurs  et  des  ciseleurs,  procedaient  plus  hardiment  et  dtalaient
a  grands  traits  l’or,  les  arabesques  et  les  figures  sur  les  murailles  et  sur  les
voütes  des  cbäteaux  et  des  eglises.
On  ne  comprend  pas  l’art  du  moyen  age;  on  se  fait  l’idee  la  plus  mesquine
et  la  plus  fausse  de  ces  grandes  creations  d’architecture  et  de  sculpture,  si,
dans  sa  pensee,  on  ne  les  rttve  pas  couvertes  du  haut  en  bas  de  couleurs  et  de
dorures.  De  toutes  les  imporlations  de  l’Orient,  il  n’en  est  peut-etre  pas  qui  se
soient  repandues  avec  plus  de  faveur  et  plus  universellement  que  le  gout  et  le
besoin  des  couleurs.  On  en  vint  a  vouloir  que  tout  futcolord,  tout,  jusqu’a  la
lumiere;  et  les  rayons  du  soleil  ne  pendtrerent  plus  dans  les  habitations  qu’a
travers  du  rouge,  du  jaune  ou  du  bleu.  L’usage  des  vitraux  peints  n’a  pas  eu
d’autre  origine;  c’est  la  consequence  naturelle  du  nouveau  Systeme  de  decoration
  et  de  cette  passion  tout  orientale  pourla  couleur.  Ddja,  aux  vihet  vni°  siecles,
au  commencement  du  ix e ,  puis  au  xi°  siede,  cette  passion  avait  fait  quelques
conquetes,  mais  partielles  et  peu  durabies.  Au  retour  de  la  croisade,  la  couleur
triompha,  et,  pendant  trois  siecles,  la  France  en  fut  amoureuse  comme  la
Grece  l’avait  dtd  de  tout  temps.
En  elfet,  de  re'cents  voyages,  des  experiences  incontestables,  nepermellent
plus  de  douler  aujourd’hui  que  la  Grece  antique  poussa  si  loin  le  godt  de  la
couleur,  qu’elle  couvrit  de  peinture  jusqu’ä  l’exterieur  de  ses  ddifices 1 ;  et  pourtant,
  sur  la  foi  de  quelques  morceaux  de  marbre  deteints,  nos  savants  depuis
trois  siecles  nous  la  faisaient  rever  froide  et  ddcoloree.  On  en  a  fait  autant  ä
i’dgard  du  moyen  age.  II  s’est  trouve  qu’a  lafin  du  xvi e  siede,  grace  au  protestantisme,
  au  pddantisme  et  a  bien  d’autres  causes,  notre  imagination  devenant

4  «Fort  de  toutes  les  experiences  que  nous
possedons,  et  que  nos  predecesseurs,  l’ingenieux
  Winckelman  lui-möme,  pouvaient  &
peine  presurner,  nous  oserons  soutenir,  Sans
crainte  de  nous  tromper,  qu’il  n’y  avait  pas,
dans  toute  la  Gröce,  un  seul  lemple  construit
avec  soin  et  avec  quelque  luxe  qui  ne  tut  plus
ouraoins  colorie,  c’est-ä-dire  peint  de  maniere
ä  contribuer  ä  l’effet  et  au  riebe  aspect  du
monument  par  la  couleur  harmonieuse  des
parties  symetriques,  surtout  des  parlies  superieures
  de  la  construclion.  Ceci  s’applique
specialement  aux  temples  construits  avec  des
pierres  grises,  monotones  et  Sans  apparence,
telies  que  les  niontagnes  de  la  Grece  en  fournissent
  le  plus  souvent.  Cependant  les  temples
bälis  du  marbre  le  plus  solide,  et  offrant  le
surface  la  plus  lisse,  par  exemple  ceux  d’Athines,

  de  Sunion,  etc.,  dtaient  aussi  fortement ­
  enduits  de  couleur,  du  moins  dans  les
parties  hautes,  depuis  l’architrave  jusqu’au
haut  de  l’entablement,  comme  chacun  peut
s’en  convaincre  en  examinant  attentivement  le
temple  de  Thesee,  le  Parthenon,  etc  s
(Brönsted,  Voyaijes  et  recherches  clntis  la  Grece,
a”  livraison,  i83o,  p.  i45.)  —  Voyez  aussi,
surle  meine  sujet,  la  description  du  lemple
d’Apollon  ä  Bassae,  par  M.  Stackeiberg  (Der
Appollotcmpcl  zu  Bastae  in  Arcadien,  und  die
daselbst  ausgpgrabenen  Bildwerke;  dargestellt
und  erläutert  durch  0.  M.  Baron  von  Stackelberg,
  Rom,  1826);  l’ouvrage  de  MM.  Hittort ­
  et  Zanth,  et  enfin  les  beaux  dessins  que
M.  Ituyot  expose,  pour  faciliter  ses  demonstrations,
  dans  la  salle  de  TAcadcmie  des  bcauxarls
  011  il  fait  son  cours.
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