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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

M0NUMENTS  IIIST0111QUES.  —  ANNEXES.

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Devant  la  fa^ade  de  cette  cathedrale,  on  voit,  au  milieu  de  quelques  masures,
  les  ruines  d’un  ancien  chäteau  ou  saint  Louis,  dit-on,  fit  quelquefois  sa
re'sidence.  Rien  ne  s’oppose  a  ce  que  cette  tradition  soit  vraie,  car  ces  ruines
sont  a  coup  sur  ante'rieures  a  saint  Louis,  d’un  siede  pour  le  moins;  mais  il
est  assez  diflicile  de  se  rendre  compte  de  rensemble  de  la  construclion.  Deux
tours  rondes  cre'nelees  lui  donnent  l’aspect  d’une  forteresse;  des  piliers  et  des
colonnettes  surmontees  d’arcs  plein  cintre  la  font  prendre  interieurement  pour
une  eglise;  c’est  qu’en  effetles  palais  alors  etaient  des  forteresses,  et,  dans  les
palais,  il  y  avait  des  eglises.  Ce  que  j’ai  rcinarque  de  plus  interessant  au  milieu ­
  de  ces  ruines,  ce  sont  de  pelites  briques  ou  tuiles  rouges,  incriislees  en
zigzag  et  comine  ornements  sur  quelques-unes  des  arcades,  et  d’autres  de
meine  espece  servant  d’assises  a  la  romaine,  pour  separer,  de  dix  pieds  en  dix
pieds  environ,  les  pierres  taillees  carrement  dont  sont  construites  les  deux  tours.
Ces  sortes  d’incrustations  de  couleur,  quoique  fort  en  pratique  dans  i’architecture
  byzantine,  ne  paraissent  pas  s’elre  naluratisees  generalement  en  Occident,
comme  la  plupart  des  autres  usages  de  cette  architecture.  Du  moins  les  exemples
  en  sont  fort  rares  dans  le  nord-ouest  de  la  France.
En  somme,  ces  ruines  ne  sont  pas  sans  une  certaine  valeur  archeologique  :
mal  heu  reusement,  elles  appartiennent  par  moitie  ä  deux  proprietaires  qui
n’en  sentent  guere  le  prix,  et  qui  probablement  ne  les  laissent  debout  que
parce  qu’ils  n’ont  pas  besoin  de  pierres.  J’ai  recommande  a  M.  le  sous-prefet
de  Senlis  de  les  encourager  a  respecter  le  plus  longtemps  possible  leur  propridte.
  Apres  tout,  fimportance  de  ce  monument  n’est  pas  teile  qu’il  fallüt  faire
des  sacrifices  a  l’avance  pour  empecher  une  demolition  qui,  d’ailleurs,  ne  parait
  pas  prochaine.
11  n’y  a  d’autres  anciens  edifices  a  Senlis  que  les  eglises  des  abbayes  de
Saint-Pierre  et  de  Saint-Vincent;  elles  sont  en  ruine,  de  date  assez  recenle,
et  n’olfrent  aucune  espece  d’intdret.
Quant  aux  monuments  de  Compiegne,  ils  sont  tous  en  bon  etat  de  Conservation. ­
  Il  ne  reste  malheureusement  aucun  fragment  de  fabbaye  de  Saint-Corneille.
  Un  hdtel  de  ville  assez  mediocre  et  tres-mutile,  mais  encore  solide;
deux  e'glises,  fune  (Saint-Antoine),  construction  insignifiante  de  la  meine
epoque  que  l’bötel  de  ville,  c’est-a-dire  des  dernieres  anne'es  du  xv°  siede  ou
des  premieres  du  xvi°  sifecle;  l’autre  (Saint-Jacques),  monument  curieux,  en
parlie  du  xiii°  siede,  en  partie  du  xiv“  et  du  xv cl ;  teile  est  a  peu  pres  toule

cbapileaux  des  colonnelles  sur  iesquelles  elles
reposent  ressemlilent,  pour  la  neltete  du  travail
  et  la  Variete  du  dessin,  aux  cliapiteaux  les
plus  elegants  des  arcades  pleiu  cintre  du
xii 8  siede.  11  y  a  aussi  dans  le  portail,  et  notamment
  dans  les  tympans  des  deux  petiles
portes  laterales,  des  details  fort  curieux  ä  examiner.
  Enfiu  cette  eglise,  comme  celle  de
Noyon,  possede  des  collateraux  surmont.es  de
galeries  aussi  iarges,  aussi  spacieuses  que  l’etagc

  inferieur,  disposition  fort  ordinaire  ä
l’epoque  du  plein  cintre,  mais  d’une  extreme
rarete  dans  les  edilices  a  ogives.
1  Tout  l’exterieur  de  l’eglise,  savoir  :  les
chapelles  collaterales,  les  fenelres,  les  combles,
les  baluslrades  qui  entourent  les  combles,  ct
enfin  le  portail  et  les  tours  non  achevees,  sont
l’ouvrage  du  xv“  siede  et  portent  l’empreinte
de  son  goül  indecis  et  abalardi.  Mais  il  y  a
dans  l’interieur  le  noyau  de  i’edificc,  pour
            
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