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EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
heureusement moins maltraitees par le temps, ont etd inscrites dans Ja pre-
miere categorie, et, sous la direclion d’architectes nommes par vous, rece-
vront de grandes reparations dans la Campagne qui vient de s’ouvrir. II suffit
de citer les e'glises de Saint-Benoit-sur-Loire, de Conques, dTssoire, de Saint-
Jacques a Dieppe, de Mantes, de Cunault, de Saint-Paul-Trois-Chäteaux, le
cloitre de Moissac, les fresques de Saint-Savin, pour justifier le choix de la
Commission et l’interet qu’a sa prierc Tadministration superieure leur a mon-
tre. Bien que ces admirables monuments exigent encore des travaux considd-
rables et couteux, on peut dire que de'sormais leur Conservation est assure'e,
et annoncer par avance leur complete restauration.
Tout en reconnaissant Timportance incontestable des edifices ci-dessus de-
sigues, on s’etonnera peut-etre de ne pas voir figurer dans la meine categorie
d’autres monuments aussi remarquables, et dont la Situation reclame e'gale-
ment des secours. Outre Timperieuse ndcessite de se renfermer dans les limites
du credit de la presente annee, la Commission avait un autre motif pour
ajourner la restauration de certains edifices du premier ordre. Avant de Ten-
treprendre, il etait ndcessaire, en effet, de s’entourer des renseignements les
plus exacts; il ne fallait s’engager dans des travaux, evidemment tres-consi-
derables, que lorsqu’on aurait pu en evaluer et la duree et la depense, et
qu’on se serait assure qu’ils seraient diriges avec le soin et l’inlelligence con-
venables. Des e Lides approfondies seront faites cette annee sur un certain
nombre de ces monuments, et, lorsqu’elle sera suffisamment dclairee, la
Commission aura l’honneur de vous adresser des propositions certaines a cet
egard.
Des ä present, Monsieur le Minisire, eile peut vous annoncer que le resul-
tat de ce travail demonlrera la ne'cessite de grandes re'parations. La Commis
sion s’attaehera, ainsi quelle a toujours fait, ä se renfermer dans les limites
d’une stricte economie; mais eile craint qu’il ne soit impossible de subve-
nir a ces nouvelles depenses sans une augmentation du fonds general de
secours.
Le tableau ci-joint contient la designation des monuments qui doivent rece-
voir des subventions plus faibles, la plupart parce que leurs besoins sont
moins pressants, quelques-uns parce que des ressources locales peuvent en
partie pourvoir ä leur Conservation et a leur entretien. La Commission espere
que les conseils generaux et municipaux s’imposeront quelques sacrifices pour
seconder Tadministration cenlrale, et celle-ci n’besitera jamais a encourager
des efforls aussi nobles et aussi avantageux pour le pays.
Cette annee, de mchne que les precedentes, on a dd apporter une extreme
reserve a accorder des allocalions pour entreprendre des fouilles. Ce n’est pas
qu’avec des fonds suffisants il eilt ete difficile de designer des localites ou des
travaux de ce genre produiraient des resultats interessants. Le sol de plusieurs
grandes villes antiques reste encore a fouiller, et il est hors de doute que de
vastes explorations n’offrissent un immense interet ä la Science; mais, avec les
ressources limitees dont on peut disposer, il faul reserver ses secours pour