MONUMENTS HISTORIQUES. — ANNEXES. 597
La Commission appelie tont votre interet sur le projet de restauration de
ce monument, projet dont la depense, quelque mode're'e quelle soit, serait
encore une trop lourde Charge pour le budget des monuments historiques.
Le museedeThdtel de Cluny, quiregoittoutesles semaines un nombre extra-
ordinaire de visiteurs, n avait pour son budget particulier qu’une somme a peine
suflisante pour couvrir les depenses d’entretien; cette allocation ne permettait
pas d entier en concurrence, pour des acquisitions nouvelles, aveclesamateurs
qui se disputent aujourd hui les objets d’art dans les ventes publiques. Dans son
dernier rapport, la Commission sollicitait TEtablissement d’un foiids exclusi-
vement consacre ä 1 achat d objets d’art destine's a enrichir nos diflerents depdls
d’antiquite's. Sans abandonner cette proposition generale, dont l’utilite lui
semble toujours incontestable, eile se lelicite aujourd’bui de la demande que
vous avez bien voulu faire d une Subvention annuelle qui permette au musee de
Cluny d’accroitre et de completer graduellement ses collections.
La Commission regrette de ne pouvoir vous annoncer, comme eile l’esperait,
l’achevemeut des travaux commence's il y a deux ans pour la reconstruction de
larc romain de Saintes. Par suite de la demolition de Tancieu pont sur la
Charente, vous savez, Monsieur le Ministre, qu’il a fallu deposer en entier le
monument et le reconstruire a quelques metres en arriere de son empiacement
primitif. Si ce changement, commande par une imperieuse ne'cessite', peut ins-
pirer quelques regrets, il a permis, en compensation, de retrouver la base de
larc, cnfouic dans une des piles du pont, et de rendre toule son elegance ä
cette construclion, si e trän gement defigure'e dans le moyen age. Maiheureuse
ment, une Serie d’inondations jusqu’alors sans exemple a retarde beaucoup les
travaux. Ils sont arrives aujourd hui a un point oii, toutes les dillicultes mate
rielles etant surmonle'es, on peut en prevoir le rapide achevement.
La Commission se plalt ä reconnaitre que, dans ses travaux, eile a trouve'
presque toujours une vive Sympathie et souvent le concours le plus genereux
de la part des autorites eccle'siastiques et des administrations municipales. La
Cooperation de M« r l’archeveque de Tours ä l’acquisition de l’eglise Saint-
Julien vous a deja ete signalee. On doit a M 6 " Te'veque de Strasbourg la con-
servation de 1 mteiessante eglisc Samt—Lticnne, un des plus auciens nio—
numents de l’Alsace. Les conseils municipaux de Nimes, de Rouen, de Vienne,
de Narbonne, de Carcassonne, de Saint-Omer, de Poissy, de Rembercourt,
n’ont point besite' a voter des subventions importantes pour les reparations de
leuis monuments. Le zele de ces villes a conservei* lours nobles eddjces, leur
liberalite a pourvoir a leur entretien, devaieut etre pris en consideration par
1 administration centrale, et vous vous etes associe ä leurs genereux e(Forts par
des allocations aussi conside'rables que Letal de votre budget pouvaitle permettre.
Apres ces exemples de genereux sacrifices, il est triste d’avoir a enregislrer
des traits de vandalisme. On pourrait excuser peut-etre cette indifference qui
laisse perdre, laute de secours, un monument dont personne n’a signaleTim-
portance, mais, ce que Ton ne saurait trop condamner, c’est cette manie
barbare de detruire sans ne'cessite', d’abaltre ce qui est ancien, en depit des