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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome V

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COLONIES  FRANCAISES.
de  France  vers  la  fin  d’avril,  et  s’y  rendent  directement,  ä  part  quelquesuns
  qui  passent  a  Saint-Pierre  pour  y  prendre  de  la  boete.
Les  bätiments  armes  pour  la  peche  de  la  cöte  est  quittent  la  France  dans
les  premiers  jours  de  mni,  et,  malgre  ce  retard,  y  rencontrent  encore
quelquefois  de  fortes  banquises.
Tous  ces  navires  commencent  ä  employer,  au  lieu  de  lourdes  chaloupes
qui  etaient  le  plus  souvent  coulees  a  leur  arriere,  de  petits  warys  ä  marche
rapide,  construits  sur  le  modele  amdricain,  et  assez  legers  pour  pouvoir
etre  hissds  sur  le  pont  sans  difficulte,  pendant  le  mauvais  temps;  ils
pechent  la  morue  avec  la  palancre;  ceux  de  la  cote  est  emploient  des
sennes  de  60  metres  de  long  sur  autant  de  large,  dans  leur  plus  grande
hauteur;  aucun  d’eux  ne  se  sert  de  fdets,  soit  fixes,  soit  de  d^rive,  qui
rendent  tant  de  Services  dans  les  mers  du  Nord,  lorsque  la  morue  ne  mord
pas  ä  l’hamecon,  c’est-ä-dire  au  moment  du  frai  et  lorsqu’elie  est  grasse.
Nos  pecheurs  employaient  autrefois,  lors  de  ces  dpoques  critiques,  la  faux,
qui  a  du  etre  proscrite  cornme  blessant  inutilement  beaucoup  de  poissons
et  tendant  a  faire  d^serter  les  bancs;  aujourd’hui  qu’ils  n’ont  plus  cette
ressource,  il  est  a  esperer  qu’ils  se  decideront  enfin  ä  employer  le  filet
norwegien,  dans  lequel  la  morue  se  maille  si  facilement.
On  ne  saigne  pas  la  morue  a  la  sortie  del’eau,  ce  qui  assurerait  cependant
  sa  Conservation;  lorsqu’elle  est  dbreguee,  decollee,  tranchee,  ^noctee,
on  la  lave,  puis  on  l’empile  dans  la  cale,  sei  dessus,  sei  dessous;  mais
ces  operations  devraicnt  toujours  £tre  faites  aussitöt  que  le  poisson  vient
d’etre  pris.
Les  bateaux  qui  font  la  ptlche  le  long  des  cötes  ne  salent  le  poisson
qu’ä  terre,  huit  ou  dix  heures  apr&s  qu’il  est  peche,  ne  l’enoctent  pas  et
le  lavent  rarement;  il  est  generalement  laiss4  pendant  quinze  ä  vingt  jours
dans  le  sei,  puis  lavd  et  sdche  sur  les  greves,  comme  le  klipfish  norwegien.
Les  sels  employ^s  sont  generalement  ceux  d’Espagne,  de  Portugal,  du
Midi  et  de  l’Ouest  de  la  France;  mais  la  morue  pr^paree  avec  ce  dernier
pese  plus  au  vert,  et  il  en  resulLe  une  perte  au  sec  qui  lui  donne  une
moins-value  de  1  franc  par  55  kilogrammes.
Les  builes  medicinales  de  foies  de  morues  prdsentees  par  M.  Riehe  et
M rao  veuve  Delangle  sont  tres-limpides,  tres-blanches,  d’excellente  qualite,
  mais  ne  peuvent  que  difficilement  lütter  contre  les  magnifiques  specimens
  provenant  de  l’usine  Stabile  a  Bergen  par  M.  Peter  Möller.  Il  est
donc  necessaire  que  nos  fabricants  fassent  de  sdrieux  efforts  pour  rendre
leurs  produits  meilleurs  encore.
Les  appats  employes  pour  la  pöche  de  la  morue  sont  :  le  hareng,  le
capelan  et  rencornet.
            
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