INDUSTRIE MINERALE.
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aussi peu susceptible de prendre ln trempe apres la fusion qu’avant. Le
seid cliangement est une plus grande homogeneite, une plus grande pro-
prete. Les parties seoriacees, les defauts de soudure, ipie Ton observe
dans les fers simplement cingl^s, disparaissent completement par la fusion:
ils deviennent, en un uiot, homogenes; de la precisement ce nom de
fer homogene que l’on a adopte, il y a longlemps, en Angleterre, pour
designer les fers fondus non susceptibles de prendre la trempe. Par la fu
sion au crcuset, lc fer absorbe tout au plus a ä 3 dix-milliemes de
silicium, qui ne modifient pns ses proprietes essentielles d’une facon sen
sible. Or, a cöle de ces fers doux, fondus ou non fondus, il y a des fers
durs qui durcissent surtout par la trempe, et dont les qualites essentielles,
la durete, l’elasticite, sont completement independanles de l’operalion
physique appelee fusion. La encorc la fusion n’a d’autre effet que d’accroitre
l’homogeneite et souvenl aussi la faible teneur en silicium. Ces fers durs
sont d’ailleurs, par leur composition comme par leurs proprietes essen
tielles, places entre les fers doux et les fontes; ils sont moins malleables,
a chaud surtout, que les fers doux, et deviennent d’autant plus durs, par
la trempe, qu’ils se rapproebent davantage des fontes par ia proportion
de carbone et cellc des autres elements que l’on rencontre unis au fer,
ou dissous dans ce metal. L’acier, en un mot, qu’il soit fondu ou non, est
un produit qui se place, a tous les points de vue, entre la fonte et le fer
doux. Les produits ferreux si varies, que Ton rencontre dans les arts,
forment, en effet, une Serie continue depuis le fer le ])lus mou et le plus
pur jusqua la fonte la plus impure; ou plulöl ce sont deux series con-
tinues,mais divergentes, eommengant toutes deux au fer mou pur, l’une
aboutissantä la fonte noire, en passant par l’acier non trempe ou reeuit;
l’autre se lerminant ä la fonte blanche, plus ou moins manganesifere,
en passant par l’acier trempe.
Je crois donc devoir maintenir la definition de l’acier que j’ai donnee
dans mon travail sur l’acicr et sn fnhricntion, publie a la suite de l’Exposition
de 1867 1 .
Ainsi, seulement, on evitera la confusion inextricable dans laquellc 011
s’engagerait en adoptant lesnouvelles definitions de MM. Greinert et Jordan.
J’appelle donc acier, qu’il soit fondu ou non, tout fer, plus ou moins
pur, susceptible de prendre la trempe, mais qui est malleablc a ebaud et
ii froid, des qu’il n’a pas subi ce refroidissement brusque.
On appellera fer doux, qu’il soit fondu ou non, tout fer malleable, ä
chaud et a froid, qui n’est pas susceptible de prendre la trempe.
1 Annales des min es, l. XII de la (i c Serie (18G7).