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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome I

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EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  VIENNE.

excessive  et  l’absence  de  lout  esprit  d’independance  et  de  self-government
etabli  sur  des  bases  durables.
Dans  la  metropole,  on  se  figure  qu’on  colonise  avee  les  rebuts,  les  nonvaleurs,
  alors  que,  pour  reussir  da  ns  des  conditions  difficiles,  il  fautl’elite
des  administrateurs,  des  bommes  ardonts,  z(51es,  et  des  colons  durs  au
travail  et  d’une  foi  robuste.
Tandis  que  TA  ngleterre  envoyait  a  l’Amerique  du  Nord  ees  puritains
austeres  qui  fuyaient  la  corruption  de  la  metropole,  la  France,  a  la  meine
epoque,  cedait  a  d’autres  entrainements;  des  ministres  mal  informes,  inhabiles ­
  et  prevenus  se  montraient  faciles  aux  courtisans,  donnaient  des
concessions  de  terre  immenses  et  se  pretaient  ä  des  speculations  financi^res
  desastreuses;  le  monopole  paralysait  toute  industrie  naissante;  on
y  vendait  surtout  le  droit  de  chasse.  Quelques  gouverneurs  capables  et
devoues,  comme  Roberval  et  Cbamplain,  chercherent  ä  arreter  le  mal
dans  sa  source;  mais  leurs  efforts  furent  constamment  paralys^s  par  le
gouvernement  de  la  metropole  en  proie  aux  intrigues  de  toutes  sortes.
Une  politique  fatale  ne  permit  meme  pas  aux  victimes  de  la  revocation  de
l’edit  de  Nantes  de  retrouver,  ä  quelques  ^gards,  une  nouvelle  patrie  au
Canada.  Les  malheureux  fugitifs  durent  aller  aider  de  leurs  lumieres  et
de  leur  experience  la  puissance  de  nos  voisins,  et  preparer  la  prosperite
industrielle  et  la  grandeur  de  nos  ennemis.
Quant  aux  colons,  ils  4taient,  a  quelques  exceptions  pres,  des  fils  de
famille  et  des  soldats,  venus  a  la  recherche  des  moyens  de  faire  fortune;
c’etaientdeshommes  aucceur  vaillant  etgenAreux;  mais,  malheureusement,
negligeant  le  defrichement  des  terres,  ils  prefererent  les  profits  et  les
aventures  de  la  chasse  :  tous  furent  d’intrepides  trappeurs;  les  lacs  et  les
epaissesforets  n’eurent  pas  de  danger  qu’ils  ne  bravassent.  Ils  ne  se  laisserent
  point  arreter  par  les  cataractes  des  lleuves.  Toujours  a  la  recherche
des  perils,  ils  furent  en  lutte  continuelle  avec  les  sauvages,  auxquels  ils
disputaicnt  le  gibicr;  courant  partout,  ils  arriverent  jusqu’aux  bouches  du
Mississipi,  mais  ne  se  fixerent  nulle  part,  car  on  ne  peut  appeler  etablissements
  les  quelques  fortins  qu’ils  construisirent  fa  et  lä  sur  d’immcnses
espaces  au  milieu  et  ä  la  merci  des  tribus  hoslilcs.  La  famille  ne  put  se
constituer  d’une  fafon  serieuse  avec  une  existence  aussi  aventureuse.
Ce  fut  la  premiere  faute;  eile  pouvait  etre  cependant  reparee,  comme
eile  le  fut  plus  tard  ,  par  la  racc  energique  qui  Tavait  commise,  faute  d’une
direction  convenable  au  debut;  mais  il  y  en  eut  une  autrequi  r4agit  d’une
facon  aulrement  desastreuse  sur  l’avenir  du  Canada.
Tandis  que  les  colons  de  la  Nouvelle-Angleterre  restaient  oublies  dans
leur  coin,  se  gouvernant  ä  leur  guise  pourse  voir  soutenir  victorieusement
            
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