AGRICULTURE.
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3° L’incineration des plantes ou produits du sol pour connailre les principes
nutritifs absorb^s.
Ces travaux les conduisirent a classer les terres en terres fortes et en
terres legeres, et ä constater que la chaux, la silice, l’alumine, la magnesie
et l’oxyde de fer combin^s formaicnt avec l’humus (matieres organiques
en decomposition) les principaux Elements du sol cultivable.
L’etude de l’absorption des elements fertilisants par les diverses cultures
ne leur donna pas des resultats moins precis.
L’incineration des plantes demontra que les principes nutritil's livr<5s
par le sol constituent les parties inconibustibles des vegelaux, parties
qu’on obtient en traitant leurs cendres, et qui sont: l’acide phosphorique,
l’acide sulfurique, la potasse, la chaux, la magnesie et le fer, et que toutes
les plantes fourrageres contiennent en outre du chlorure de sodium.
Quant a l’azote, les plantes le rejoivent en partie du sol, sous forme
de nitrates et d’ammoniaque.
Ces premieres experiences faites, nos savants se livrerent ä une dtude
comparative des cultures, et ils reconnurent que le mode le plus ancien
et le plus generalement repandu reposait sur le Systeme des assolements,
des jacheres, et sur l’emploi du furnier d’etable; que l’usage des marnes,
comme amendement, remontait a une epoque tres-eloign4e, et que l’emploi
du plätre ou sulfale de chaux etait generalement applique ä la production
des fourrages.
Hs constaterent en outre que, depuis cinquante ans, on avait fait usage
de la chaux a Fetat d’hydrate de chaux (chaux vive eteinte a Fair), et que
ce chaulage avait ^te une source de ricbesse pour la Bretagne, en permettant
aux cultivateurs bretons d’obtenir de heiles recoltes de bl^, au lieu
de recoltes ordinaires de seigle et de sarrasin.
Ils constaterent 4galement que les cultivateurs avanc^s se servaient de
phosphates de chaux (os des abattoirs broyes et pulv<iris£s), et que plusieurs
d’entre eux avaient mele a leur sol des substances azot^es (nitrates de soude)
provenant de l’Amerique du Sud; qu’enlin on faisait une grande consornmation
de guano des iles Chinchas (fiente et ossements d’oiseaux).
Ils reconnurent enßn et enseignerent:
i" Que, pour faire rendre toujours et beaucoup ä la terre, il fallait
commencer par lui donner beaucoup, et ne pas compter seulement sur les
agents naturels et puissants, chaleur du soleil et eaux pluviales, ou sur le repos
du sol d räkle de jacheres;
2° Que, pour se developper et prosperer, les plantes ont besoin de trouver
dans la terre certaines substances et certains agents speciaux;