FAB1UCATION DE LA BIERE. 10!)
üc ces observations, Innt pratiques que scienlifiques, la conclusion est
l'acile a tirer. Obtenir des bieres aussi fines, aussi delicates que los bieres
viennoises est chose facile pour los brasseurs experimentes (|ue notre pays
possede; ils ont los orges, ils ont Jes houblons, ils ont l’habilete professionneile;
le seid element qui leur manque, ou du inoins qui paraisse lernmanquer,
c’est la glace.
La glace, en elTet, tel est aujourd’bui l’agent Capital de la fabricalion
des bieres de qualite superieure; la consommation en doit etre abondante,
et il laut que le brasseur ne craigne pas d’en etre prodigue.
A Vienne, on admet une depense de glace qui, suivanl la saison, pour
le refroidissement du mout, pour la Fermentation et la Conservation en
cave, varie de 20 ä 5o kilögrammes par hectolitre de biere.
Mais, dira-t-on, c’est la pour le brasseur viennois une depense relativement
peu considerable; la glace i|ue les fleuves de l’Autriche portcnt Libyer
en abondance est, dans ce pays, ä bas prix; cela est vrai,etle prix de
celte matiere premiere, renduc a la glaciere, varie habituellement de 5 a
6 Francs la tonne; la depense n’est alors que de 25 a 3o Centimes par
hectolitre. Cependant il n’en est pas toujours ainsi, et, a la suite de l’hiver
exceptionnellement doux de 1872-73, on a vu la glace monter, en Antriebe,
au prix de 12 et 15 Francs la tonne, cest-a-dire au prix de 1 Centime
a 1 Centime et demi le kilogramme, et venir grever, par consequent,
le prix de revient de l’hectolilre d’une somme de 75 Centimes environ.
Sans doute. les brasseurs autrichiens ont deplore ce haut prix, mais, malgre
tout, ils ont pu encore, dans ces conditions, fabriquer leurs bieres a
un prix remunerateur.
Ce qui revient ä dire, en somme, que la glace, meine quand eile coute
1 Centime et demi le kilogramme, peilt inlervenir dans la Fabrication dela
biere aussi largement qu’elle y intervient ä Vienne, et que la question se
ramene, en realite, a savoir si le brasseur peut, en France, se procurer de
la glace ä ce prix. Le probleme parait diflicile a resoudre par le Systeme
de l’approvisionnement direct; la glace n’est qu’exceptionnellement abondante
dans notre pays, et c’est, ii mon avis du moins, dans Lemploi des
machines a glace qu’il convient surtout eben chercher la solution.
Deja de grands progres ont et4 accomplis dans cette voie, et je tiens de
MM. Mignon etRouart, constructeurs des appareils Carre, l’assuranceque,
des a present, il est possible, avec des appareils Fabricant 5oo a 600 kilogrammes
de glace a l’heure, d’obtenir ce produit au prix d’un Centime
le kilogramme. Des appareils de semblable puissance, installes par eux ä
Philadelphia, fonctionnenl dans ces conditions. Avec des appareils moindres,
ne Fournissant plus que 100 kilögrammes a 1’beure, le prix dela