SÜIES ET SO IE Hl ES.
191
serve la faveur de leur ancienne clienleie. eiles l'orment le vetement de
personnes de condition meine fort modeste, eiles s’appliquent aussi ii des
vßtements dont la mode abrege l’usage. De la des voies nouvelles pour
l’industrie, et ces voies se sont ouvertes quand les obstades etaient les
plus grands : les belles matieres rares et cheres, les soies de l’Asie avec
leurs irregularites et leurs defauts, les ouvriers avec les incessantes et
äpres difficultes qu’amenent les questions de travail et de salaire. Cependant,
partout, et en France avec plus d’^nergie qu’ailleurs, parce que la
conversion etait plus pressante, les progres se sont multiplies dans l’ouvraison,
le clioix, la teinture et le lissage de la soie. D’autres progres ont
ete introduits dans la distribution du travail, dans l’organisation de la
fabrication, et des entreprises ont ete faites ;i cet effet dans diverses
directions.
II y a eu partout en Europe, depuis dix ans, ( Exposition le demonlre,
un progres general tres-reel. Mais, selon nous, ces progres ont laisse
les grands ]>ays producteurs de l’Europe ä peu pres dans la meine Situation
relative qu’ils occupaient ä l’Exposition de 1867. L’examen des produits
et l’etude des etats de douane conduisent a la meine conclusion. La
France a conserve la superiorit^; cela ne saurait 4tre conteste sans une
evidente injustice.
FRANCE.
L’epoque et le lieu du premier etablissement de la fabrique franjaise
de soieries sont encore bien mcertains. On tissait la soie, a la tin du
sin' siede, ä Avignon et a Marseille, qui faisaient alors partie, le premier
des Etats de l’Eglise, le second du royaume de Siede.
II y avait dans le meme temps, ä Paris, des mdiers sur lesquels on faisait
le velours; mais les premiers tissutiers parisiens paraissent n’avoir ete
que des « ouvriers de petite navette», c’est-ä-dire i|u’ils n’auraient fait que
des tissus etroits, des rubans. II est difficile de dire si la fabrication, a
Paris, des etolfes proprement dites, remonte ä la fin du xin' siede, au
commencement du xv“ ou aux premieres anndes du xvi° siede.
Quelques metiers etaient montes a Lyon au commencement du xv° siede.
Un Anthoine dtait maistre des tissus en 1/117. f reu te ans plus lard, un
autre Anthoine, Anthoine de Ghassaignes le Tissutier, avait un petit alelier,
et nous le suivons dans les Chartreaux de iimpot de i45o a 1/178
1 Antlioine de Chassaignes prenait, eu
1A65, ia qualite de mailre. 11 n’etait pas alors
le seid tissutier : il y avait, en 1A65 , un autre
mailre, Pierre, et un compagnon, le Gallois.
On comptait ä Lyon, en 1A67, deux maitres,
Anthoine de Chassaignes et Pierre, et deux
compagnons, Guillaume et Petit Jehan; en
1A69, deux maitres tissutiers, Anthoine de