EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
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tieres, tissage, teinture, les meilleures de l’exposition autrichienne, et
soutenaient la comparaison avec les etoffes lyonnaises.
II nous restc ä parier des etoffes pour ameublement; eiles etaient tres-
remarqu ables.
La grandeur et la beaute de l’exposilion de MM. Philippe Haas et
fds laissaient dans l’esprit une impression qui en rendait l’appr^ciation
difficile; nous essayerons cependant de porter sur eile un jugernent
impartial. Cette splendide exposition a et4, suivant nous, trop vantee
par les uns et trop decride par les autres. Elle denotait une exp^rience
consommee de la decoration interieure et une souplesse peu commune
dans l’execution. L’art de l’Orient est l’objet de la predilection de cette
maison, et les etoffes dont l’ornement a ete inspire par le ressouvenir des
oeuvres byzantines, indoues ou persanes, ou par le gout actuel des peuples
de l’Orient, justifient leur reputation. Nous n’avons pas trouve la meine
habilete pour le dessin ou la couleur dans les tissus qui rappelaient l’art
de l’Occident.
Nous preferons les etoffes de Lyon. Nos etoffes, a quelque style qu’elles
se rattachent, ont une originalite propre : elles portent l’empreinte du
gout personnel de leurs autcurs; elles ne sont pas des reproductions
tideles et un peu froides d’ceuvres d’ouvriers disparus, qui ont travaill^
pour des goüts et des interieurs differents des notres. Aussi nos etoffes
ont-elles un caract^re different; elles ont nous ne savons quoi de plus
saisissant et de plus s«iduisant.
Quelles Stoffes comparer avec les riches lampas satin et velours, les
velours ciseles de MM. Mathevon et Bouvard, chefs-d’ceuvre de fabri—
calion, dessimis, ceux-la dans le style Louis XIII, ceux-ci dans le style
Louis XVI, avec un crayon si fier et si sur? Quelles autres opposer aux
tentures de MM. Tassinari et Chatel, ä la tissure savante, faites avec un
si vif sentiment de l’elegance dans le gout de l’ancienne Italie ou de l’Asie?
MM. Philippe Haas et fils ont obtenu a l’Exposition un grand succes et
le meritaient. 11 faut rapporter une partie de ce succes au Musee d’art et
d’industrie de Vienne. Cette fondation deja cMebre a exerce l’influence la
plus heureuse sur l’industrie de l’Autriche, parses collections, ses modeles,
ses lefons et les eleves qu’elle a formes.
Ainsi, voila des fabricants instruits, experimentes et inteiligents, en-
tourds de cooperateurs dont l’habilete ne peut etre mise en doute; voila
unepopulation, mi-partie occidentale, qui a, plus qu’aucune autre peut-
etre, le gout des raffinements de la toilette et du luxe interieur, mi-partie
orientale, qui a conserve l’usage des riches etoffes aimees des Asiatiques;
voila une consommalion qui s’accroit saus cesse; et, pur nous ne savons