S01ES ET SOIERIES.
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Le fait Capital, c’etait l’ampleur et la beaute de l’exposition des soie-
l’ies da Japon; c’etait surlout i’apparition, en quelque Sorte nouvelle,
d’etofFes d’une diversite infinie, et dont ie dessin et la couleur, la matiere
et l’armure etaient aussi heureusement choisis que le tissage et la tein-
ture etaient habilement executes. Nerveux et precis, le dessin denotait
une 4tude profonde de la nature; il y avait une gräce extreme dans l’arran-
gement, an dquilibre judicieux dans le grain et rornementation du tissu ,
dans le trait et la couleur. L’ceuvre tant vante d’Oksai donne a peine l’idde
de ces merveilles.
Ces etofFes, modeles precieux, manqueront a nos fabricants. On peut
y suppleer en partie par ces suites de gravures en couleur, d’un prix mo-
dique, dans lesquelles on decouvre la plupart des caracteres essentiels de
cet artlibre, vrai et etrange.
Des observateurs attentifs ont <5te jusqu’a juger qu’il y avait de ces
etofFes qui depassaient tout ce que la Fabrique europeenne avait prdsente
ä l’Exposition de plus parFait en ce genre, et l’un des jures allemands,
M. Heimendahl, a consigne cette opinion dans son rapport.
Nous ne sommes pas de cet avis. Les Japonais ont le sens delicat des
lois de l’arl decoratif, un rare talent dans l’invention de 1’ornement des
cbarmants tissus que nous connaissons sous le nom de petits fayonnes;
dans leur dessin, i’irregulurite relative etcalculee devient un merite; leur
govit est tres-fin et leur Science technique tres-avancee ; le choix des nuanccs
et leur mariage attestent un sentiment juste de la couleur. Leur esprit
abonde en ressources, et Ton croit souvent a des secrets de Fabrique * quand
on n’est en presence que de l’association imprevue, mais ingdnieuse, de
petits procödes Fort simples. Comme tous les Orientaux, les Japonais sont
d’inimitables coloristes; ils se plaisent a Faire des etofFes giacees, et les
arrangements de couleurs y ont 4te Combines avec une intelligence peu
commune des efFets optiques.
Les Japonais ont donc, dans la fabrication des soieries brochees, Fayon-
nees ou imprim^es, des qualit^s auxquelles nous rendons hommage; mais
souvent le souffle leur manque, quand il Faut s’iilever un peu haut. 11s
sont inferieurs ä eux-memes (nous parlons du temps present et des tissus)
des que le dessin s’ennoblit. Leurs compositions les plus grandes sont,
les unes sans unitd, et les autres sans suite. Les premieres, d’origine plus
ancienne, ne rachetent leurs deFauts que par une bizarrerie sans beaute;
les secondes, de Fabrique recente, et probablement de demande americaine,
sont veritablement sans valeur. Le trait n’a plus la meine fermete; la colo-
ration est trop intense : l’art est absent.
Rien, dans cette exposition, dans laquelle le gouvernement du Mikado
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