EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
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avait accumule tant de richesses, rien absolument ne pouvait tffre compare
;'i quelques-unes des etoffes lyonnaises de grand ameublement.
Gelte exposition avait tant d’eclat; eile a toujours attire une foule si
serree de visiteurs, et le jugement qui a ete porte surces soieries a eu
troj) de retentissement pour que nous devions nous arreter sur leur fabri—
eation.
Les manufactures de soieries sont nombreuses au Japon; dies sont eta-
blies dans une douzaine de provinces, mais les plus renommees sont dans
les provinces de Yamachiro et de Djochiou. Elles ont le plus d’importance
a Kioto 1 et ä kiriou 2 .
On fabrique le plus ä Kioto les taffetas blancs si purs, les plus belles
etoffes brochees d’or, les crepes ondul^s, les lourdes ceintures, les crepes
unis en soie du ver du ebene; ä Kiriou, les etoffes legeres unies, les crepes
unis ou rayes. Kioto est renomme pour la teinture en rouge, Nagahama 3
pour les velours, Yeddo pour les impressions sur soie.
On estiine le nombre des rndiers ;i 35,ooo ou /io,ooo, et la consom-
mation des soies a 1,100,000 kilogrammes.
M. Ernest de Bavier a evalue ä 112 millions de francs la production
de Kioto et 4 ä une sonime egale celle de Kiriou: ces evaluations sont exa-
gerdes.
Le materieldu tissage est le meine qu’en Chine; il est imparfait, mais
il n’est pas extraordinaire qu’il permette d’obtenir les tiloffes qui ont ete
exposees.
Avec les niemes metiers, ou des metiers peu differents, a Byzance, a
a Palerme, ä Venise, ä Florence, a Lyon, la main de l’ouvrier a lissu des
etoffes d’une contexture et d’un dessin non moins savants.
Des tissus semblables au klie-seu de la Chine ne laissent pas de doule
sur l’usage au Japon du petit metier a double ebaine, si ingenicux, que
M. Isidore Hedde et nous nous avons observe dans le Kiang-sou et le
Tcbe-kiang.
Les rnatieres d’une nature si differente au Japon sont, en general, bien
appropriees a l’etoffe; eiles sonl souvent peu regulieres.
Pour les etoffes brochees d’or ou d’argent, on se sert, non de lames ou
de traits metalliques, mais de soies enveloppees de papier dore ou ar-
genteou de papierdecoupe en bandes ^troites. Le papier, fait de fibres du
Broussonetia papyrifera, est tres-nerveux; ladorure ou l’argenture est forte et
1 Province de Yamachiro. <le Kioto 18,000 ouvriers, fi,ooo metiers et
2 Province de Djocliiou. une consommation de 3oo,ooo kilogrammes
3 Province de Gochiou. de soie.
4 M. E. de Bavier altiilnie ä ia fahriqne