EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
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veiles ? Et a peine la fabrique etrangere attardee revetait-ellc ses tissus de
la nuance favorite, que la mode avait fait tomber celle-ci en mespris,
comme dit Montaigne, et, dfeoncertant les entreprises de nos imitateurs,
mettait en vogue une nouvelle invention des teinturiers lyonnais.
Quatre ä cinq mille ouvriers remplissent nos ateliers de teinture, et
ces fajons de teinture, pour lesquelles tant d’obstacles sont surmont^s et
tant de difficultes vaincues, s’elevent a pres de 22 millions.
La teinturerie lyonnaise teint des soies pour presque toutesles fabriques
etrangeres, et notre exportation de soies teintes, qui est d’ailleurs assez
irreguliere, est de i5o,ooo ä 3oo,ooo kilogrammes.
Le diplöme d’honneur a ete decerne ä une maison de Lyon, celle de
MM. Gillet et fils. La d^cision unanime du Jury a ^te fondee sur les soins
que rette maison a donnes ä l’amelioration de la condition de ses ouvriers.
VII
CON CLUSION.
Nous avons lermine la rapide revue de ces fabriques nombreuses.
La soie est, on le voit, recoltee et mise en ceuvre a peu pres partout.
Les accroissements de la consommation du fer chez un peuple peuvent
donner la mesure du degre d’intensite de sa production. La consommation
de la soie suit l’augmentation de l’epargne et de l’aisance.
L’industrie de la soie touclie par plus d’un point au travail agricole;
eile est inseparable des entreprises commerciales les plus hardies; eile
exige le concours de capitaux abondants et l’aide de moyens de credit inconnus
autrefois, et, dans cette industrie, le soin et l’experience de l’ouvrier
ont le plus de valeur. Aucune autre n’est plus unie avec la science
et l’art.
Cette industrie, qui a lant d’exigences et dans laquelle le succes n’est du
qu’au prix d’un travail personnel constant, la Lrance l’a faite, en quelque
sorte, sienne depuis trois siecles. Elle a eu l’heureuse fortune de rencontrer
ä ses premierspas dans cette carriere l’ardente rivalitA de l’ltalie,
mailresse alors dans cet art difficile.
Les soies et les soieries entrerent longtemps en Erance «en toute francliise
et liberte de subsides», ainsi qu’il est dit au cahier des deputes de
Lyon aux Etats generaux de i56o, et le Consulat lyonnais demanda, dans
plus d’une deliberation, le maintien de cette franchise. Cette liberte, qui
n’etait pas sans perils, produisit ses effets, et son fruit le meilleur fut l’habitude
du travail et de l’efl’ort. Aussi, dans la longue suite des ann^es,