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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome II

SOI  ES  ET  SOIERIES.

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tionale,  absorbe  dejä  pour  ko  miliions  de  tissus  de  soie  anglais,  alle—
mands  et  suisses.
11  y  a  donc  un  danger  reel,  et  l’heure  n’est  pas  passee  ou  il  ne  soit  plus
possible  de  le  conjurer.  La  fabrique  lyonnaise  ne  saurait  oublier  le  sort  des
fabriquesbyzantines  et  italiennes,  si  proches  h^ritieres  des  traditions  antiques;
  l’histoire  lui  a  appris  avec  quelles  armes  eiles  ont  4te  successivement
vaincues.  Ces  armes  n’ont  jamais  et^  mieux  tremp^es  qu’elles  ne  le  sont
aujourd’hui  chez  nous;  la  fabrique  lyonnaise  sait  les  manier  et  s’en  servira
encore  avec  resolution.  II  n’y  a  pas  d’obstacles  qui  arretent  son  commerce;
son  credit  a  les  plus  solides  fondemenls;  aus  ecoles  et  aux  mus^es  faits
par  eile  et  pour  eile  l’esprit  acquiert  une  plus  forte  culture;  laplus  grande
babilete  dans  la  production  est  associee  ä  la  plus  ingdnieuse  recherche  de
Famelioration  morale  et  intellectuelle  des  ouvriers,  et  les  exemples  des
C.-J.  Bonnet,  des  J.-B.  Martin,  des  Montessuy  et  Chomer,  des  Gillet,
montrent  une  pers^viirance  et  une  fermete  qui  etonnent  nos  rivaux.  Le
fabricant,  sur  qui  portent  le  plus  le  poids  du  travail  et  la  responsabilite
de  1’oeuvre,  s’est  r^signe  a  ne  trouver  souvent  dans  le  prix  de  vente  que  la
plus  stricte  remuneration  du  Capital  et  de  la  peine.  L’^toffe  la  plus  courante
peut  etre  exdcul^e  avec  le  meme  succes  que  la  plus  riebe;  la  division  du
travail  rend  le  travail  moins  incertain,  etla  fabrication  s’est  constiluee,  par
suite,  dans  des  conditions  (r&s-diverses,  chacune  le  mieux  ordonnde  pour
son  objet.  Le  petit  atelier  du  maitre  ouvrier  a  la  ville  et  l’usine  puissante
ä  la  Campagne  ont  Fun  et  Faulre  leur  raison  d’etre  et  leur  role,  Fun  et
Fautre  aussi  les  meliers  les  meilleurs,  et  ce  ne  sont  pas  les  compatriotes
des  Dangon,  des  Falcon,  des  Jacquard,  des  Breton  et  des  Meynier,  qui  se
laisseronl  devancer  dans  le  perfectionnement  des  m^tiers.
Ce  que  nous  venons  de  dire  de  la  fabrique  de  soieries  de  Lyon  serait
egalement  vrai,  en  <itant  appuyt;  de  remarques  differentes,  de  la  filature
et  de  Fouvraison  de  la  soie  dans  le  Midi  et  de  la  fabrique  de  rubans  a
Saint-Etienne.
Si  haut  que  soit  le  merite  des  chefs  d’industrie,  des  palrons,  suivant
Fexpression  ancienne  et  vraie,  il  ne  saurait  faire  oublier  celui  des  ouvriers, ­
  et  celui-ci  nous  l’avons  signale  plus  d’une  fois,  dans  le  cours  de
cet  aperju.
Vingt-cinq  fileurs,  mouliniers,  fabricants  et  teinturiers  ont  recommande
au  Jury  leurs  meilleurs  cooperateurs,  et  Fexpose  des  titres  de  cescooperateurs
  fait  le  mieux  comprendre  que  la  fabrication  soit  excellente  a  tous  les
degres.  Nous  avons  cu  les  noms  de  plus  de  cent  directeurs,  contre-maitres,
dessinateurs,  chefs  d’atelier,  ouvriers  et  ouvrieres  :  les  uns  avant  de
longs  et  d’utiles  Services,  plusieurs  n’avant  jamais  quitte  Fatelier  depuis
16

II.
            
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