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Full text: France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome II

2'J2 EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE. 
(Test ce qui resulte au moins de nos observations personnelies. 
Constatons tout d’abord que la France etait maigrement representee a 
Vienne par ses broderies pour lingerie, mais que, pour etre relativement 
peu nombreuse, son exposition surpassait de beaucoup, comme quälite, 
comme gout et variet^ de dessins, comme fini d’cxecution, coinine appr4t, 
comme assorliment, les pays qui lui font concurrence en eetle matiere. 
La distance, les frais de transport et d’inslallation relativement conside- 
rables eu egard aux conditions dans lesquelles se meuvent la plupart des 
l’abricants, expliquent en partie cette abstention; ils l’excusent, pourrions- 
nous ajouter, si la quantite netait, il faut le repeter, haulement primee 
par la qualite. 
La Suisse, l’Autricbe et la Saxe avaient envoye des produits dont quel- 
([ues-uns etaient fort remarquables; mais la palme, parmi ces nations, 
revient incontestablement a la Suisse, qui, depuis quelques annees, est 
devenue, gräce a la machine, un centre de production con-iderable. 
Une revolution, en effet, s’est operee, dans ces derniers temps, dans 
l’industrie de la broderie. La mecanique s’y est introduite et s’y est fait 
une place immense, en y apportant tous les avantages quelle entraine 
ordinairement avec eile, avantages que les jurds de 1867 pouvaient en- 
trevoir, mais qui depassent de beaucoup leurs previsions, nous l’avons 
de ja dit. 
En 1867, il n’y avait guere que la Suisse qui fit usage de la machine 
de nolre compatriote Helmann, de Mulhouse. Elle en avait, pour ainsi 
dire, le monopole. Elle ne l’a pas conserve, mais eile a depuis, et par les 
perfectionnements apportes au principe de cette machine, plus que triple 
sa fabrication. 
L’usage de la machine s’est repandu egalement dans les anciens pays 
de fabrication a la main. Elle n’a pas supplante celle-ci, eile l’a favo- 
risee au contraire, en vulgarisant le gout de la broderie jusque-lä re- 
servee aux classes riches. Le progres a fite immense, et, si la production 
mecanique a fait la fortune de Saint-Gall, eile est en voie d’amener des 
sources de prosperite inconnues jusqu’ici, sous ce rapport, dans lesaulres 
nations. Elle cree des produits a si hon inarcbe (il y en avait a Vienne a 
10 Centimes le metrej, eile arrive a des resullats sibeaux, si varies, si 
riches (certaine broderie coüte jusqu’a 80 francs lemetre), que, grace a 
l’echelle de prix comprise entre ces deux extremes, constates jiar 1 Expo 
sition de Vienne, la broderie est devenue acccessible a toutes les bourses. 
Elle est en voie de faire l;i fortune des fahricants par l’etendue du inarcbe, 
accrue de tous les avantages de prix que comporte l’emploi des engins 
mecaniques, comme eile fait celle de l’ouvrier, dont la demande portc le
	        
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