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Full text: France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome II

EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE. 
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Nous nous poserons d’abord cette (|ueslioii : 
Queis progres l’Exposition de 1873 a-t-elle mis en lumiere dans l’in- 
dustrie de la bijouterie, joaillerie, orfevrerie, en la comparant a l’Expo- 
silion de 1867, c’est-a-dire en six annees traversees par une guerre? 
Et nous repondrons : 
Que nous avonssenti, dans l’exposition des produits en orfevrerie et en 
bijouterie franraise, se manifester une tendance qui est de tr^s-bon augure 
pour l’avenir de notre industrie, c’estl’etude plus attentive, plus generale 
des styles dont eile s’inspire chaque jour davantage, et nous avons pu 
ccnstater l’influence de cette etude des beaux modeles, sur les creations 
nouvelles que nous avons eu a examiner; 
Que la meine influence se fait sentir dans l’orfevrerie de nos voisins 
d’outre-Mandhe, et que les Anglais ont bien compris les heureux resultats 
qu’elle pouvait donner, lorsqu’ils ont fonde leur beau musee de Kensington; 
Que les produits en fer damasquine espagnols signalent encorela meine 
tendance, car ils sont empreints d’un bon caractere; 
Que la joaillerie autrichienne a fait de grands pas; nous l’avons deja dit 
et nous le r^petons avec plaisir, on ne peut rever une plus jolie fabrication; 
Que les Russes, tout en conservant a leur bijou sonjoli type national, 
ont su en perfectionner la fabrication ; 
Qu’enfin il faut noter de grands progres de main-d’ceuvre dans la bi 
jouterie courante fabriquee par l’Autriche et par l’Allemagne. 
Voila le bilan de ces six ann^es, et nous avouons qu’il nous a surpris. 
j\’ous ne croyions pas qu’en un espace de temps aussi restreint on püt 
avoir a constater un r^sultat appr4ciable. Car, disons-le, les Expositions 
universelles sont, a tort ou ä raison, tellement rapprochees les unes des 
autres, qu’il faut que la marche de l’industrie humaine soit bien rapide 
pour qu’on puisse en marquer les pas ä d’ausssi courts intervalles. Mais, 
batons-nous de le dire, ces fetes industrielles, dont le but principal est de 
faire connaitre et apprecier les effets du travail, deviennent causes a leur 
tour, et nous leur devons certainement une grande partie des progres qui 
s’accomplissent. Les nations, äces grands rendez-vous, sebicondent mutuel- 
lement; elles y font en quelque sorte un behänge de leurs qualites, et eba- 
cune d’ellespeut, dans la mesure deson temperament, s’assimiler les me- 
rites de ses rivales. 
II est vrai qu’on pourrait redouter de voir, a ces contacts, l’originalite 
disparaitre, s’ils se faisaient sans intelligence. Mais, comme ils servent a 
faire ressortir, ä mettre en grande dvidence, justement les choses belles 
qu’il faut le plus admirer et les qualites qu’il importe de conserver et de 
perp^tuer, nous ne supposons pas que ce sont celles-lii qui vont s’amoindrir.
	        
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