VIJNS ET Sl’IlUTUEUX.
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venons de citer, il a ett$ expose tres-peu de vins ordinaires; mais, en revanche,
nos premiers crus du Bordelais ont ete dignement representes,
et nous avons pu nous convaincre de nouveau que, dans aucun pays, la
finesse du goüt ne s’alliait au meine degre a la richesse du parfum et a la
legerele qui caracterisent nos grands vins de la Gironde. 11 y a des produits
plus riclies en toutes choses, mais i! n’y a nulle part l’harmonie parfaite
qui fait de ces produits les premiers dans leur genre.
Les vins de la haute Bourgogne n’elaient pas moins bien representes,
et nous devons dire que leurs qualites ont ete tres-appr^cides. S’ils n’ont
pas autant de l<%eret4 que les precddents, ils ont plus de söve et plus
de richesse, il faut apporter a leur consommation une plus grande circonspection;
leur sejour sous une temperature ^levee les avait plus eprouv&s
que leurs voisins.
Les vins blancs de haute et hasse Bourgogne ötaient tres-bien representes;
il y avait, depuis le vigoureux Meursault jusqu’au delicat Chablis,
une gamme de vins exquis.
Les vins de la cote du Rhone figuraient avec honneur, sinon par le
nombre, au moins parle choix des vins blancs et rouges.
La Champagne avait envoye ses produits. Ses grandes marques, qui
n’ont rien a gagner aux concours, puisqu’elles sont en possession de toul
le renom possible, laissent la place aux maisons secondaires, dont les produits
ont ete remarques et recompenses. A cote d’eux viennent les vins
blancs mousseux de Vouvray, Chablis, Saumur et de la haute Bourgogne,
dont la fabrication va toujours en s’ameliorant et prend un rang de plus
en plus important dans le commerce gAneral. En somme, nous avons
constate un progres serieux depuis 1867; nos produits communs ont acquis
une nettete de gout et une faculle de Conservation qui prouvent que
les procedes de fabrication vont s’ameliorant. Esp^rons que les r&ultats
acquis encourageront les viticulteurs qui n’ont pas encore progressd ä
imiter ceux qui ont apporte des perfectionnements, et qui trouvent une
recompense toute naturelle dans la preference assuree dont jouissent leurs
produits et dans les prix plus eiev^s (ju’ils en obtiennent.
Nous ne quitterons pas la France sans dire un mot de ses vins d’imitation,
qui sont faits avec une rare perfeclion; c’est lecas aussi de dissiper
un prejuge qui est fort accredite dans beaucoup d’endroits, a savoir: (|ue ces
vins d’imitation sont faits sans vin; c’est, au contraire, avec nos piquepoules
et nos picardants de choix que sefontles fajons Madere, vins qui
ne sont acheves que par un long sejour au soleil et par des additions d’alcool
ä doses minimes et frequentes; la base de toute fabrication est toujours
du bon vin.